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La musique arabo-andalouse

Comme le confirment les excellents reportages ( reprenant les affirmartions des historiens ) sur l'Espagne Mauresque de la chaine Qatari ALJAZEERA le Maroc est sans conteste le pays le plus arabo-andalou de tout le Maghreb pour de multiples raisons : de part sa proximité géographique avec l'Espagne qui fera que la quasi majorité des arabo-andalous chassés d'Espagne s'installeront au Maroc dans l'espoir d'un retour en Espagne, de part l'intervention des dynasties Almoravides et Almohades dans le maintien des arabo-andalous en Espagne, et enfin de part l'absence de la colonisation ottomane qui a été forte dans tout le monde arabe (de la Syrie à l'Algérie) en particulier sur les plans musical et architectural. Ainsi, la musique arabo-andalouse marocaine est restée en l'état( il n'y a donc pas de malouf au Maroc).Pour ces raisons, contrairement aux autres pays du Maghreb, cette musique est restée intacte, vivace au Maroc où elle possède un véritable public depuis des siècles.

Connue comme la musique savante de référence, c'est à dire une forme de musiques classiques ou musiques d'art, ou une musique codifiée qui se transmet de maître à élève et demandant le respect d'un ensemble de règles musicales fixées. Il s'agit dans ce cas d'une musique modale, c'est-à-dire organisée sur base d'un ensemble de modes dont chacun impose une échelle, une hiérarchie de notes ce que le musicologue Henri Lecomte désigne comme un ensemble de connotations sociales et émotives, ce qui signifie qu'à chaque mode correspond un sentiment ou une humeur particulière. Ces musiques sont les héritières de la riche histoire de l'Andalousie musulmane. C'est pourquoi on évoque le terme de musique arabo-andalouse.

Connue autrefois sous le nom de moussiqua al-âla, il s'agit d'une musique de cour d'une civilisation très raffinée jouée et chantée dans les grandes villes du Nord du Maroc : Fès, Tétouan, Oujda, Tanger, Rabat et Salé. Elle est surtout présente dans ces régions du fait des origines de leurs habitants (arabes chassés de l'Andalousie). L'orchestre est composé du plusieurs instruments à cordes. Les poèmes sont en arabe littéral ou dialectal. Les membres de l'orchestre sont tous vêtus de djellabas blanches. La musique andalouse marocaine est donc une synthèse des traditions musicales arabes, berbères et espagnoles. Elle est nettement différente de la musique orientale: elle ne comporte pas de quarts de tons (quelques exceptions sont cependant à signaler); elle suit généralement le système de la gamme tempérée occidentale, la gamme est souvent exécutée comme une seule succession mélodique, alors qu'en musique orientale, elle est subdivisée en tricordes, tétracordes et pentacordes; sa ligne mélodique est simple et claire, les modulations y sont rares. Au cours des siècles, des pratiques musicales locales distinctes se développèrent, en se forgeant un une identité culturelle particulière à chaque société. Il existe ainsi, dans des villes du Maghreb telles que Fez, Tétouan, Tlemcen et Tunis, des versions distinctes du noubas, qui font partie intégrante de la culture musicale locale. Il s'agit d'une composition musicale construite sur un mode dont elle prend le nom (par exemple Nouba Mâya). Des pièces instrumentales et vocales s'y enchaînent selon un ordre déterminé et selon une progression musicale allant du non mesuré au mesuré. Un prélude libre, laissant une large place à l'improvisation ouvre la suite où se succèdent diverses pièces, notamment des poèmes dont les thèmes sont souvent l'amour, la nature, le vin... La nouba se termine par une phase plus vive, plus rythmée[1].

Le répertoire Al-âla du Maroc comprend encore onze noubas, chacune d'entre elles étant divisée en cinq mouvements (mîzân) joués sur cinq rythmes de base. Chaque nouba est très longue et il est rare qu'on les joue au complet. On se contente souvent de jouer un seul mouvement. Cependant, l'intégralité des noubat marocaines a été enregistrée par la Maison des Cultures du Monde à Paris, en collaboration avec le Ministère de la Culture du Maroc. Soit un total de septante-trois disques compact répartis en douze coffrets présentant chacun une nouba ou des mîzâns (une durée totale de plus de septante heures de musique). Chaque suite comprend des poèmes chantés. L'orchestre de la musique al-âla comprend souvent violon, rebab, oud, violoncelle, alto et percussions (les instruments à archet étant souvent présents en plusieurs exemplaires) et un ou plusieurs chanteurs.


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# Posté le samedi 28 juin 2008 15:24

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