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Abdel Hafid HADDOU

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1 Abdel Hafid HADDOU
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2 hram alik ya ghzali
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3 dirni fi balek abdel HafiD HADDOU
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4 SIDI AMAR ya el wali
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lehmam de* el cheikh el hadj el anqa * traduction *

Lahmam li Rabbitou 1
Le ramper que j'ai élevé

Auteur : Et-Hadj el-'Anqa dit Mohammed Lahlou
Interprète : Cheikh Et-Hadj Mohammed el-'Anqa

Istikhbâr :
Si je me plaignais au ciel, il pleuvrait à verse après une longue sécheresse, puis s'écarterait de moi.
Si je me plaignais aux astres de mes malheurs infinis, ils se pencheraient sur mon sort, ma lassitude et mes souffrances. Si je me plaignais aux étoiles, elles s'inclineraient sur-le-champ puis s'immobiliseraient, attentives à mes paroles.
Mon ami coule des jours heureux et, moi, un feu ardent me consume
refrain :
Le ramier que j'ai élevé s'en est allé; je n'entendrai plus son roucoulement en ma demeure.
A présent, il me fuit, ne me reconnaissant aucun mérite après avoir été mon ami, déployant ses ailes sur ma demeure.
Toute personne en sa vie est brûlée mille fois :
je le dis fort de mon expérience.
refrain
Je ne peux désormais faire confiance à personne en ce monde, après que le ramier que j' ai élevé m'a quitté.
Les jours de l'un s'écoulent heureux, l'autre pleure et se lamente, égaré, et d'autres encore plient, dans l'angoisse, sous le poids de leurs épreuves,

# Posté le mercredi 18 juin 2008 20:01

Lahmam Elli Rebbitou 2



sans hommes, sans pouvoir, sans biens importants; remets ton sort à Celui qui connaît les secrets.
Ô Généreux, accorde-moi tes faveurs pour rétablir ma situation.
L'innocence a disparu, ô vous qui m'écoutez.
Je le dis fort de mon expérience.
refrain
Si je contais mes tourments, je remplirais mille volumes.
Si je contais mes tourments aux érudits, ils en pleureraient.
Si je contais mes tourments aux mers, elles déchaîneraient des tempêtes.
Si je contais mes tourments aux montagnes, elles feraient entendre des grincements
Si je contais mes tourments aux muets, ils en retrouveraient la parole.
Si je contais mes tourments aux pierres, elles me répondraient; chaque jour mes yeux déversent d'abondantes larmes de jour et de nuit, au point d'en perdre le sommeil.
La passion et sa jouissance ravageuse m'ont tourmenté et je n'ai trouvé aucun médecin pour prescrire de remède à mon mal.
refrain
Ô amis, prenez ces propos comme bienfaits :
évitez les traîtres (et sachez que) toute amitié ne se consolide qu'après expérience; ne t'associe pas à un être cupide; (seul) Dieu, le Généreux, fait don de la fortune, de la durée de la vie et nul ne peut te priver ni de santé ni d'héritiers.
Les lois établies par Dieu l'Omniscient nous précèdent

# Posté le mercredi 18 juin 2008 20:05

Lahmam Elli Rebbitou 3



J'invoque sa Miséricorde au nom de notre prophète Al Touhâmi et de ses illustres compagnons : qu'Il me donne la vertu et qu'aux noms des anges Il éclaire mes ténèbres.
refrain
Ô Seigneur, ô Créateur, au nom des Messagers, je me repens, pardonne mes péchés, ô Créateur des Univers.
Toi Seul ramènes sur le droit chemin, Toi le Miséricordieux, le Très-Haut, le Prodigue, Toi qui ouvres aux richesses (des deux mondes), Toi l'Omniscient.
Mon nom répond aux lettres M, M, H, D.
(Je suis) surnommé Lahlou et respectueux des hommes de science.
Le dissimulateur est dépourvu de mérite comme de considération.
Que peut faire un bon nageur, le malheureux, dans une mer en furie ?
(Quant à moi), je salue les Maîtres en leur perfection et les Chérifs par (la grâce) desquels mon étendard fut porté haut.
(Hommage) au maître célèbre dans tout le Maghreb et dont je fus le disciple fidèle, Al Nadour - que Dieu lui accorde sa Miséricorde - à qui je dois ma connaissance.
refrain

# Posté le mercredi 18 juin 2008 20:05

MP3 : CHOUFOU MAKTOUB RABI- 16-03-08 / Abdel Hafid HADDOU (2008)

CHOUFOU MAKTOUB RABI- 16-03-08 /  Abdel Hafid HADDOU (2008)

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  • Titre : Abdel Hafid HADDOU
  • Album : CHOUFOU MAKTOUB RABI- 16-03-08
  • Année : 2008

# Posté le mercredi 18 juin 2008 20:21

Modifié le samedi 01 août 2009 09:10

La Traduction en française :Hizia Traduction

« Amis, consolez-moi; je viens de perdre la
reine des belles. Elle repose sous terre.
Un feu ardent brûle en moi !
Ma souffrance est extrême. Mon coeur s'en
est allé, avec la svelte Hiziya.
hélas ! Plus jamais je ne jouirai de sa
compagnie. Finis les doux moments,
où, comme au printemps, les fleurs des
prairies, nous étions heureux.
Que la vie avait pour nous de douceurs !
telle une ombre, la jeune gazelle a
disparu, en dépit de moi !
Lorsqu'elle marchait, droit devant elle, ma
bien-aimée était admirée par tous.
Telle le bey du camp qui s'avance un
cimeterre à la ceinture.
Entouré de soldats et suivi de cavaliers qui
sont venus à sa rencontre, pour lui
remettre chacun un présent;
Armé d'un sabre d'Inde, il lui suffit de
faire un geste de la main, pour
partager une barre de fer, ou fendre un roc.
Il a tué un grand nombre d'hommes,
ennemis du bien. Orgueilleux et
superbe, il s'avance fièrement.
C'est assez glorifier le bey ! Dis-nous,
chanteur, dans une nouvelle chanson
les louanges de la fille d'Ahmad ben al-Bey.

Amis, consolez-moi; je viens de perdre la
reine des belles. Elle repose sous terre.
Un feu ardent brûle en moi !
Ma souffrance est extrême. Mon coeur s'en
est allé, avec la svelte Hiziya.

Lorsqu'elle laisse flotter sa chevelure, un
suave parfum s'en dégage. Ses
sourcils forment deux arcs bien
dessinés, telle la lettre noun, tracée
dans un message.
Ton oeil ravit les coeurs, telle une balle de
fusil européen, qui aux mains des
guerriers, atteint sûrement le but.
Ta joue est la rose épanouie du matin, et
le brillant oeillet; le sang qui l'arrose
lui donne l'éclat du soleil.
tes dents ont la blancheur de l'ivoire, et,
dans ta bouche étincelante, la salive
a la douceur du lait des brebis ou du
miel qu'apprécient tant les gourmets.
Admire ce cou plus blanc que le coeur du
palmier. C'est un étui de cristal,
entouré de colliers d'or.
Ta poitrine est de marbre; il s'y trouve
deux jumeaux, que mes mains ont
caressés, semblables aux belles
pommes qu'on offre aux malades.
Ton corps a la blancheur et le poli du
papier, du coton ou de la fine toile de
lin, ou encore de la neige, tombant
par une nuit obscure.
Hiziya a la taille fine; sa ceinture, penche
de côté, et ses tortis entremêlés
retombent sur son flanc repli par repli.
Contemple ses chevilles; chacune est
jalouse de la beauté de l'autre;
lorsqu'elles se querellent elles font
entendre le cliquetis de leurs
khelkhals, surmontant les brodequins
(vaste plaine au S. E. de Sétif où les nomades de Biskra venaient faire paître leurs troupeaux en été )

Quand nous campions à Bazer1, je me
rendais auprès d'elle le matin; alors
nous goûtions les joies de ce monde.
je saluais la gazelle; j'observais les
présages; heureux comme un homme
fortuné, possédant les trésors de l'univers.
La richesse n'avait pour moi aucune
valeur, comparée au tintement des
khelkhals de Hiziya, quand je
franchissais les collines pour aller la rencontrer.
Lorsqu'au milieu des prairies, elle
balançait son corps avec grâce, et
faisait résonner son khelkhal, ma
raison s'égarait; un trouble profond
envahissait mon coeur et mes sens.

Après avoir passé l'été dans le Tell, nous
redescendîmes vers le Sahara, ma belle et moi.
Les litières étaient fermées; la poudre
retentissait; mon cheval gris
m'entraînait vers Hiziya.
Ils ont conduit les palanquins des belles, et
ont campé à Azal, face à Sidi Lahcen et à Zerga.
Ils se sont dirigés vers Sidi Said vers al-
Matkaouak, puis sont arrivés le soir à M'Doukal.
Ils sont repartis de bon matin, au lever de
la brise, vers Sidi Mohammed,
ornement de cette paisible contrée.
De là, ils ont conduit les litières à
al-Makhraf. Mon cheval, tel un aigle,
m'emporte dans les airs,
en direction de Ben Seghir, avec la belle
aux bras tatoués.
Après avoir traversé l'Oued, ils sont passés
par Al Hanya. Ils ont dressé leurs
tentes à Rous at-Toual, près du désert.
L'étape suivante mène à Ben Djellal.
De là, ils se sont dirigés vers El Besbes, puis
vers El-Herimek, avec ma bien-aimée Hiziya.
A combien de réjouissances avons-nous
pris part ! Mon cheval gris,
disparaissait presque dans l'arène,
(derrière un rideau de poussière); on
aurait dit un fantôme.
Ma belle était grande comme la hampe
d'un étendard; ses dents, lorsqu'elle
souriait, formaient une rangée de
perles; elle parlait par allusions, me
faisant ainsi comprendre (ce qu'elle voulait dire).
La fille de Hmida brillait, telle l'étoile du
matin; elle éclipsait ses compagnes,
semblable à un palmier qui seul,
dans le jardin, se tient debout, grand et droit.
Le vent l'a déraciné, il l'a arraché en un
clin d'oeil. Je ne m'attendais pas à
voir tomber ce bel arbre; je pensais
qu'il était bien protégé.
mais j'ignorais que Dieu, souverainement
bon, allait la rappeler à Lui. Le
Seigneur a abattu (ce bel arbre).

je reprends mon récit. Nous avons campé
ensemble sur l'Oued Ithel; c'est là que
la reine des jouvencelles me dit
adieu. C'est cette nuit-là qu'elle passa
de vie à trépas; c'est là que la belle
aux yeux noirs quitta ce monde.
Elle se tenait serrée contre ma poitrine,
lorsqu'elle rendit l'âme. Les larmes
remplirent mes yeux, et s'écoulaient sur mes joues.
Je pensais devenir fou, et me mis à errer
dans la campagne, parcourant tous
les ravins des montagnes et des collines.
Elle a ravi mon esprit et enflammé mon
coeur la belle aux yeux noirs, issue d'une race illustre.
On l'enveloppa d'un linceul, la fille de
notable; ce spectacle a augmenté ma
fièvre, et ébranlé mon cerveau.
On la mit dans un cercueil, la belle aux
magnifiques pendants d'oreilles. Je
demeurais stupide, ne comprenant pas ce qui m'arrivait.
On l'emporta dans un palanquin, embelli
par des ornements, la belle, cause de
mes chagrins, qui était grande telle la hampe d'un étendard.
Sa litière était ornée de broderies
bigarrées, scintillantes comme les
étoiles, et colorées comme un arc-en-
ciel, au milieu des nuages, quand vient le soir.
Elle était tendue de soie et tapissée de
brocart. Et moi, comme un enfant, je
pleurais la mort de la belle Hiziya.
Que de tourments j'ai endurés pour
celle dont le profil était si pur ! Je ne
pourrai plus vivre sans elle. Elle est
morte du trépas des martyrs, la belle
aux paupières teintées d'antimoine !
On l'emporta vers un pays nommé Sidi Khaled.
Elle se trouva la nuit sous les dalles du
sépulcre, celle dont les bras étaient
ornés de tatouages; mes yeux ne
devraient plus revoir la belle aux yeux de gazelle.
Ô fossoyeur ! ménage l'antilope du désert;
ne laisse point tomber de pierres, sur
la belle Hiziya ! Je t'en adjure, par le
livre saint, ne fais point tomber de
terre sur celle qui brille comme un
miroir. S'il fallait la disputer à des
rivaux, je fondrais résolument sur
trois troupes de guerriers.
Je l'enlèverais par la force des armes aux
ennemis. Dussé-je le jurer par la tête
de la belle aux yeux noirs, je ne
compterais pas mes adversaires,
fussent-ils au nombre de cent.
Si elle devait rester au plus fort, je jure
que nul ne pourrait me la ravir;
j'attaquerais, au nom de Hiziya, une armée entière.
Si elle devait être le trophée d'un combat,
vous entendriez le récit de mes
exploits; je l'enlèverais de haute lutte, devant témoins.
S'il fallait la mériter au cours de rencontres
tumultueuses, je combattrais durant
des années, pour elle.
Je la conquerrais au prix de persévérants
efforts, car je suis un cavalier intrépide.
Mais puisque telle est la volonté de Dieu,
maître des mondes, je ne puis
détourner de moi cette calamité.
Patience ! Patience ! J'attends le moment
de te rejoindre : je pense à toi, ma
bien-aimée, à toi seule !
Amis, mon cheval me fendait le coeur,
lorsqu'il s'élançait en avant (attristé
par la perte de Hiziya).
Après la mort de ma bien-aimée, il s'en est allé, et m'a quitté.
Mon cheval était plus rapide que tous les
autres chevaux du pays; dans les
échauffourées, on le voyait en tête du peloton.
Quels prodiges n'accomplissait-il pas sur le champ de bataille !
Il se montrait au premier rang. Sa mère
descendait du fameux Rakby2. (Nom d'un étalon célèbre amené du Maroc par si Ahmed Tidjani )
Combien il excellait dans les joutes entre
les douars, à la suite de la tribu en
marche; je tournoyais avec lui
insouciant de ma destinée ! Un mois
plus tard, il m'avait quitté; trente jours après Hiziya.
Cette noble bête mourut; le voilà au fonds
d'un précipice; il ne survécut pas à
ma bien-aimée. Tous deux sont partis pour toujours.
Les rênes de mon cheval gris sont tombés de mes mains.
Ô Douleur ! Dieu, en les rappelant à lui,
m'a enlevé toute raison de vivre.
Mon âme est près de s'éteindre, après leur cruelle perte.
Je pleure cette séparation, comme pleure un amoureux.
Mon coeur se consume chaque jour
davantage; ma vie n'a plus de sens.
Pourquoi pleurez-vous mes yeux ? Nul
doute que les plaisirs du monde vous
raviront. Ne me ferez-vous point grâce ?
la belle aux cils noirs a ravivé mes
tourments; celle qui faisait la joie de
mon coeur repose sous la terre.
Je pleure la belle aux dents de perles; mes
cheveux ont blanchi; et mes yeux ne
peuvent supporter cette séparation.
Le soleil qui nous a éclairé, est monté au
Zénith, se dirigeant vers l'Occident; il
s'est éclipsé après avoir été le sommet
de la voûte céleste, au milieu du jour.
La lune qui se montre à nous, a brillé
pendant le mois du Ramadhan, puis
a disparu du ciel, après avoir fait ses adieux au monde.
Ce poème, je le dédie à la mémoire de la
reine du siècle, fille d'Ahmed, et
descendante de l'illustre tribu des Douaouda.
Telle est la volonté de Dieu, mon Maître
Tout-Puissant. Le Seigneur a manifesté
sa volonté, et a rappelé à lui Hiziya.
Mon Dieu ! Donne-moi la patience;
mon coeur meurt de son mal,
emporté par l'amour de la belle, qui a quitté ce monde.
Elle vaut deux cents chevaux de race, et
cent cavales issues de Rakby.
Elle vaut mille chameaux; elle vaut une
forêt de palmiers des Ziban.
Elle vaut tout le pays du Djérid; elle vaut
le pays des noirs, et des milliers de Haoussas.
Elle vaut les Arabes du Tell et du désert,
ainsi que tous les campements des
tribus, aussi loin que puissent
atteindre les caravanes, voyageant à
travers les cols des montagnes.
Elle vaut ceux qui mènent la vie
bédouine, et ceux qui habitent les continents.
Elle vaut ceux qui se sont installés dans
des demeures permanentes et mènent une vie de citadins.
Elle vaut les trésors, la belle aux beaux
yeux; et si cela ne suffit pas, ajoutes-y les habitants des villes.
Elle vaut les troupeaux des tribus, les
bijoux, les palmiers des oasis, le pays des Chaouias.
Elle vaut ce que renferment les océans;
elle vaut les Bédouins et citadins
vivant au delà du Djebel Amour, et jusqu'à Ghardaïa.
Elle vaut, elle vaut le Mzab, et les plaines
du Zab, hormis les saints et les marabouts.
Elle vaut les chevaux recouverts de riches
carapaçons, et l'étoile du soir; cela est
peu, trop peu, pour ma bien-aimée,
unique remède à mes maux.
Je demande pardon au Seigneur; qu'il ait
pitié de ce malheureux !
Que Mon Seigneur et Maître pardonne à
celui qui gémit à ses pieds ! Elle avait
23 ans, la belle à l'écharpe de soie.
Mon amour l'a suivie; il ne renaîtra
jamais dans mon coeur.
Consolez-moi de la perte de la reine des
gazelles. Elle habite la demeure des
ténèbres, l'éternel séjour.
Jeunes amis ! Consolez-moi de la perte du faucon.
Elle n'a laissé que le lieu où sa famille a
campé, et qui porte son nom.
Bonnes gens ! Consolez-moi de la perte de
la belle aux khelkhals d'argent pur; on
l'a recouverte d'un voile de pierre
reposant sur des fondations bien bâties.
Amis ! Consolez-moi de la perte de la
cavale de Dyab3 qui n'eut d'autre (l'un des principaux héros de la geste des banou Hilal )
maître que moi.
J'avais de mes mains, tatoué de dessins
quadrillés, la poitrine de la belle à la
fine tunique, ainsi que ses poignets.
Bleus comme le col du ramier, leurs traits
ne se heurtaient pas; ils étaient
parfaitement tracés, quoique sans
plume; seules mes mains avaient exécuté ce travail.
J'avais dessiné ce tatouage entre ses seins,
lui donnant d'heureuses proportions.
Au-dessus des bracelets qui paraient ses
poignets, j'avais écrit mon nom.
Même sur ses chevilles, j'avais figuré un palmier !
Que ma main l'avait bien dessiné ! Ah ! La vie est ainsi faite !
Saiyed, toujours épris de toi, ne te reverra
plus; le seul souvenir de ton nom, lui
fait perdre ses sens. Pardonne-moi,
Dieu compatissant; pardonne aussi à
tous les assistants; Saiyed est triste; il
pleure celle qui lui était si chère. Aie
pitié de l'amoureux, et pardonne à
Hiziya; réunis-les dans le sommeil, Seigneur !
Ô Dieu, le Très-Haut. Pardonne à
l'auteur, qui a composé ce poème; son
nom est formé de deux mim, d'un ha et d'un dal (Mohamed).
Ô Toi qui connais l'avenir ! Donne la
résignation à cet homme, qui est fou
(de douleur); je pleure comme un
exilé; mes larmes apitoieraient même mes ennemis.
Je ne mange plus; toute nourriture m'est
devenue insipide; mes paupières ne
connaissent plus le sommeil.
Cette pièce a été composée trois jours
seulement après la mort de celle qui
me fit ses adieux, et ne revint plus vers moi.
Ô vous qui m'écoutez ! Ce poème a été
achevé en 1295 de l'Hégire4. (fin de l'année 1878 ap. J. C.)Ould Seghir a composé, au mois de l'Aid
El-Kebir, cette chanson.
A Sidi Khaled ben Sinan, Ben Guittoun a
chanté celle que vous aviez vue vivante.
Mon coeur est parti avec la svelte Hiziya !»

# Posté le dimanche 22 juin 2008 06:04

Lexique de la Musique Symphonique


A CAPPELLA : Dans son acception actuelle, la plus large: sans accompagnement instrumental.
AGOGIQUE: néologisme, d'après l'allemand Agogik. Désigne les légères modifications ou fluctuations de tempo apportées à la stricte notation musicale pour satisfaire aux nécessités de l'expression, voire au caractère d'une phrase musicale (par exemple, le rubato; v. ce mot). Par extension, s'applique à « la théorie du mouvement dans l'exécution musicale » (Science de la Musique, Bordas, Paris 1976).
AMBITUS : synonyme d'étendue, de la note la plus grave à la note la plus élevée. A distinguer de tessiture, - étendue dans laquelle une « voix » évolue avec un maximum d'aisance; et, par extension, sorte d'étendue moyenne des notes qui, dans un morceau, reviennent le plus fréquemment.
ANACROUSE: note(s) initiale(s) d'un morceau extérieur(es) au premier temps fort de la mesure. S'applique aussi à toute note qui, au cours du morceau, forme, avec une valeur plus accentuée lui faisant suite, un motif rythmique continu.
APPOGIATURE: de l'italien. Son dissonant et étranger à l'accord avec lequel il résonne (un demiton au-dessus ou au-dessous), - qui précède et prend momentanément la place de la note réelle de cet accord. C'est un accent expressif se jouant de façon plus « appuyée » que cette note réelle.
ARMURE (ou ARMATURE): ensemble des accidents placés en tête de chaque portée après la clef. Ils désignent ainsi toutes les notes altérées constitutives de la tonalité choisie.
ARPÈGE (ou ARPÈGEMENT): terme issu du jeu de la harpe. Exécution successive, mais rapprochée, des notes d'un accord du grave à l'aigu (ou inversement) ; l'arpège est « brisé » si les notes ne sont pas émises dans l'ordre normal.
AUGMENTATION: stricto sensu, c'est la prolongation de la durée d'une note par l'adjonction de la moitié de sa valeur. Dans les morceaux de style contrapuntique (v. ce mot), il s'agit de la répétition en valeurs plus longues d'un thème ou d'un motif (cas fréquent de la fugue, - dont le sujet est repris en augmentation).
BASSE D'ALBERTI : formule d'accompagnement en accords brisés répétés pendant plusieurs mesures.
BATTERIE: en dehors de l'ensemble des instruments à percussion, s'applique à une formule d'accompagnement soit en accords arpégés, soit en accords brisés (v., ci-dessus, Basse d'Alberti).
BRODERIE: synonyme de notes d'agrément (ex. gruppetto, trille, etc.), dans un sens élargi, équivalent d'ornements (v. ce mot) ou de variation.
CADENCE (ou CADENZA): phrase conclusive, ou formule mélodique (voire harmonique) terminant une phrase musicale. Par extension, improvisation solistique, généralement virtuose, et placée en principe avant la fin d'un mouvement, le plus souvent de concerto.
CADENCE PLAGALE: relève d'une classification de l'harmonie traditionnelle selon laquelle la cadence plagale - qui est courante - correspond à un enchaînement de la sous-dominante à la tonique (v. ce mot). On distingue aussi les cadences parfaites - de la dominante à la tonique -, imparfaites, rompues, etc. La cadence parfaite est la plus conclusive ; la cadence plagale l'est également, mais de façon moins affirmative.
CANONIQUE: se rapporte au canon, - type d'écriture contrapuntique dans lequel les « voix » énoncent le même motif (mélodique et souvent rythmique), mais décalées les unes par rapport aux autres, à des distances variables et à des hauteurs différentes. Les mélodies, décalées, se contrepointent mutuellement.
CANTABILE: mot italien. Par analogie avec la musique vocale, désigne dans la musique instrumentale une pièce ou un passage dont le caractère mélodique « chantant » est mis en relief.
CANTUS FIRMUS: au sens large, donnée mélodique principale d'une polyphonie lui servant de point de départ et de développement. Dans un sens plus strict, mélodie indépendante en valeurs longues, souvent égales, dominant toute la composition polyphonique (v. ce mot).
CARRURE: construction par symétrie partageant la phrase musicale en fragments d'égale durée (par groupes de deux, de quatre, de huit mesures, etc.), et ponctués par un repos, une cadence, ou toute autre formule.
CHROMATIQUE: faisant l'emploi d'une succession d'altérations des degrés de l'échelle fondamentale (un demi-ton vers le grave ou vers l'aigu). La gamme chromatique fait se succéder douze demi-tons diatoniques (v. ce mot) et chromatiques à l'octave.
CLUSTER: mot anglais. Agrégat sonore superposant le plus généralement des demi-tons et quarts de ton, comme s'il s'agissait d'une seule et même note. Entre l'accord et le bruit, c'est un effet recherché dans l'écriture orchestrale depuis les années 1950, - alors qu'il était déjà exploité au piano depuis plus d'un quart de siècle.
CODA: mot italien (= queue). Employé, très généralement, comme synonyme de conclusion, de péroraison.
COL LEGNO : locution italienne (= avec le bois). Sur les instruments à archet, consiste à utiliser la baguette de celui-ci (et non les crins), en frappant légèrement les cordes ou en les frottant. V. aussi Sul ponticello.
CONCERTO: mot italien (du latin « concertare » = lutter, rivaliser). De l'histoire de cette forme majeure de la musique occidentale, nous ne présentons qu'un très bref aperçu : le terme, apparu en Italie au XVIe siècle, désigna des pièces vocales principalement religieuses, - avec accompagnement d'orchestre ou d'orgue. L'époque baroque vit naître deux types de concerto: le concerto grosso groupant plusieurs solistes (concertino) opposés à l'ensemble instrumental (ripieno), et le concerto pour un seul soliste opposé à l'orchestre. C'est ce dernier qui, évoluant largement, connaîtra les plus belles heures de gloire, - avec, en particulier, sa répartition formelle tripartite (allegro-adagio-allegro), et ses exigences, pour le soliste, à la fois d'expression et de virtuosité (par exemple, Beethoven d'une part, et Paganini de l'autre). De nos jours, le concerto - quoique souvent bousculé dans sa répartition et dans ses équilibres - conserve tout son prestige auprès des compositeurs (v. Dutilleux, ou Henze).
CONTINUO: abréviation pour basse continue (Basso continuo). Très généralement, série d'accords à la basse instrumentale destinés à soutenir harmoniquement une composition. V. aussi Ostinato.
CONTRAPUNTIQUE: respectant les règles du contrepoint, - discipline essentielle de la composition dans la musique occidentale. Tandis que l'harmonie, autre discipline fondamentale, s'intéresse à l'enchaînement des accords, le contrepoint envisage la conduite de deux ou plusieurs lignes mélodiques indépendantes et simultanées à partir d'un thème donné. V. également Harmonique.
CONTRE-CHANT: « ligne mélodique secondaire (ou second thème) opposée ou associée à la ligne mélodique principale (ou thème) » (Science de la Musique, Bordas, Paris 1976).
DA CAPO: locution italienne (= du commencement). Indication de reprise d'un morceau à son début (jusqu'à l'endroit marqué « Fine »), la forme Da capo peut être schématisée par A B A (après la partie centrale B, reprise de la partie A formant conclusion).
DÉVELOPPEMENT. désigne, très généralement, toute la partie d'une composition musicale dans laquelle l' « idée » est « travaillée » après son exposition (v. ce mot). Thèmes, motifs mélodiques ou rythmiques sont modifiés, amplifiés ou morcelés, - suivant des procédés d'élaboration extrêmement'variés (rythme, harmonie, dynamique, mesure, tempo, etc.). Dans la fugue (v. ce mot), le développement se situe après Pexposition du sujet dans toutes les « voix ». Dans la forme sonate (v. ce mot), il est la partie médiane entre exposition et réexposition.
DIATONIQUE: faisant l'emploi des intervalles normaux de la gamme naturelle, - par tons et demi-tons (ces derniers ne se succédant jamais immédiatement). Autrement dit, il y a diatonisme quand n'apparaît pas plus d'un demi-ton de suite dans la succession des degrés de l'échelle ; sinon, v. Chromatique.
DIMINUTION: dans une pièce de style contrapuntique (v. ce mot), procédé de présentation du thème en valeurs moindres que celles de son exposition. Le contraire est l'augmentation (v. ce mot). Plus généralement, synonyme d'ornementation, dans laquelle un motif mélodique est passagèrement décomposé en notes brèves. V. également Ornements.
DODÉCAPHONIQUE: en rapport avec le système de composition créé et codifié par Arnold Schônberg (v. ce nom). Il repose sur le postulat de l'égalité absolue des douze sons (demi-tons) de l'échelle chromatique tempérée, - donc sur la négation de la hiérarchie entre les notes jusqu'alors admise. Les douze demi-tons se succèdent dans un ordre librement fixé à l'avance par le compositeur, et formant une « série » comme principe générateur de l'oeuvre.
DOMINANTE: cinquième degré d'un ton donné, - donc à la quinte de la tonique (v. ce mot): ex. solpour le ton d'utmajeur. Dans l'harmonie tonale classique, on tient là un élément d'équilibre essentiel, - la dominante créant un mouvement, une instabilité, une tension, que la tonique, stable et statique, peut seule résorber.
ENHARMONIQUE (PAR ENHARMONIE): procédé usité de modulation (v. ce mot), par lequel est momentanément établie l'équivalence, quant à la hauteur, de deux notes de noms différents mais de son identique (ex. fa dièse et sol bémol). Il est employé surtout pour atteindre rapidement des tons éloignés.
EXPOSITION: partie initiale d'une composition de style fugué ou de forme sonate. Dans la fugue (v. ce mot), présentation du sujet et de la réponse; dans la forme sonate (v. ce mot), présentation du thème et du second thème. Par extension, présentation du « matériau » thématique d'une oeuvre; lui fait suite, exploitant ce matériau, le développement (v. oemot).
FLATTERZUNGE : mot allemand. Sur les instruments à vent, articulation particulière de notes successives attaquées par, là consonne d ou t (« trémolo dental » selon Maurice Ravel), et poursuivie sur des- r répétés. Effets divers, - suivan; l'instrument et les intentions du compositeur.
FUGATO: mot italien. Passage en « style fugué », mais non astreint aux règles constitutives de la fugue: en général, une exposition de fugue, ou quelques entrées en imitation (v. ce mot). Le fugato n'est pas rare dans la partie développement d'une composition symphonique.
FUGUE: grande forme polyphonique faisant appel aux ressources du contrepoint dans le traitement, rigoureusement organisé, des différentes « voix ». Schématiquement, les règles sont : nombre constant de voix réelles et équivalentes ; monothématisme (i.e. un thème fugué - le sujet - fournit les éléments du développement complet) ; entrées successives des voix selon des principes d'imitation (v. ce mot). Schématiquement aussi, la construction fait se succéder: présentation du sujet, et réponse dans une seconde voix doublée contrapuntiquement d'un contresujet (puis sujet à la troisième voix, et réponse à la quatrième) ; développement, avec les différentes voix en imitations et des épisodes contrapuntiques plus libres ; conclusion, ou strette (v. ce mot), par entrées de plus en plus serrées du sujet et du contre-sujet dans les différentes voix.
GLISSANDO: mot italien (= en glissant). « Technique d'exécution qui consiste à réaliser un intervalle en glissant rapidement sur tous les sons intermédiaires » (Science de la Musique, Bordas, Paris 1976). On peut l'exiger aujourd'hui d'à peu près tous les instruments: Bartok, par exemple, dans sa Musique pour cordes, percussion et célesta (v. cette oeuvre), impose le glissando à des timbales à pédales.
GRUPPETTO : mot italien. Petit groupe ornemental de trois ou quatre notes précédant ou suivant rapidement la note principale. V. aussi Ornements.
HARMONIQUE: relatif et conforme à l'ensemble des règles régissant la formation et l'enchaînement des accords, - règles qui constituent une discipline fondamentale de la musique occidentale. L'harmonie, qu'on peut qualifier de « verticale », s'oppose à la mélodie dans son déroulement « horizontal ». On désigne aussi par harmonie le groupe des instruments à vent, - et par petite harmonie les bois seuls.
HOMOPHONE: s'applique aux compositions dans lesquelles mélodie principale et autres parties, simplement accompagnatrices, sont exécutées à l'unisson (ou à l'octave, ou à la double octave). Par extension, lorsque toutes les « voix » obéissent au même rythme (homorythmie).
IMITATION: procédé courant de composition polyphonique consistant dans la reproduction, dans une « voix » nouvelle, d'une mélodie (ou d'un fragment mélodique) exposée dans une « voix » antérieure. C'est un des fondements essentiels du style contrapuntique (v-ce mot).
INCIPIT. mot latin (- commence). S'applique, couramment, au début d'une phrase musicale.
INTRADA: mot italien. Équivalent d' « entrée », - pièce introductive d'une suite instrumentale. Dans un 'morceau contrapuntique (v. ce mot), première intervention d'une « voix » déterminée.
INVERSION: v. Renversement.
LIED (FORME): forme basée sur la succession de deux thèmes, - en trois parties A B A: A comme exposition du premier thème, B comme partie médiane avec un second thème, et A comme réexposition du premier thème. L'expression « forme lied » s'applique souvent au mouvement lent d'une symphonie formé d'un thème principal très développé, avec insertion brève de la partie médfi
MODULATION: passage d'une~tonalité à une autre. On module par accordpivot, par juxtaposition d'accords, par changement de mode, par enharmonie (v. ce mot).
OPUS: du latin = oeuvre (abréviation: op.). Terme permettant de repérer la situation chronologique d'une oeuvre donnée, en général suivant l'ordre de publication (et non de composition) des oeuvres d'un compositeur. Mais d'autres termes (et abréviations) de classification. peuvent intervenir, - portant normalement le nom du musicologue qui a dressé tel ou tel catalogue, pour tel ou tel musi.1cien. En outre, les oeuvres de jeunesse ou jugées mineures sont souvent dépourvues de numéros d'opus, - dont l'usage, de toute façon, tend à tomber en désuétude aujourd'hui.
ORNEMENTS (et ORNEMENTATION): dits également « agréments » et consistant, par l'ornement de brèves figures accessoires, à embellir ou varier une ligne mélodique. L'ornementation est l'art de disposer ces ornements: parmi ceux-ci, l'appogiature, l'arpègement, le gruppetto, le trille, etc. (v. ces mots).
OSTINATO: mot italien. Equivalent de basse obstinée (ou contrainte), - formule de répétition continuelle, à la basse instrumentale, d'une série de notes. Elle fut abandonnée vers le milieu du xvfiie siècle, et reprise plus librement au xixe siècle comme élément de certains grands développements symphoniques (chez Bruckner, par exemple), - et visant parfois aussi à l'effet d'envoûtement de l'auditeur (v. Stravinski).
OUVERTURE: pièce orchestrale utilisée comme introduction à un opéra (ou à un oratorio, une cantate, voire une suite instrumentale comme chez J.-S. Bach). Les anciennes dénominations furent « sinfonia », « intrada », etc. Dès le xviie siècle, on distingue l'Ouverture à la française (un mouvement lent suivi d'un mouvement plus rapide), et l'Ouverture à l'italienne (deux mouvements vifs encadrant un mouvement lent), - cette dernière annonçant la symphonie moderne. L'ouverture n'a encore que fonction décorative. Rameau sera parmi les premiers à lui conférer un rôle véritablement dramatique (avec enchaînement direct sur l'action proprement dite). Puis l'ouverture, chez Beethoven notamment, devient une sorte de résumé thématique; avant de revêtir l'aspect du « pot-pourri » sur les principaux airs de l'opéra (dans l'opéra-comique français surtout~ ou simplement celui d'un prélude orchestral (Wagner), avec préfiguration de thèmes conducteurs. Aura coexisté, par ailleurs, la forme de l'ouverture dite « de concert » (ex. les Hébrides, de Mendelssohn), - qui ne s'accompagne d'aucun drame, en tant que pièce de pure évocation musicale.
PARTICELL: de l'italien particella (= petite partie). Étape intermédiaire dans l'élaboration d'une oeuvre symphonique, - lorsque le compositeur utilise un très petit nombre de portées (en principe jusqu'à quatre) pour contrôler les conformités harmoniques de l'ensemble. Précède donc la partition, dans laquelle les différents instruments utilisés disposent de leurs portées individuelles.
PÉDALE: note tenue immuablement soit à la basse, soit à la partie supérieure, soit dans une partie intermédiaire, - pendant que les autres parties enchaînent des accords plus ou moins libres par rapport à elle. Cette pédale, exerçant une attraction tonale par rapport aux harmonies étrangères qui l'entourent, affirme donc la tonalité du morceau.
PENTATONIQUE: s'applique à une échelle de cinq sons à l'octave. Dans un tel système musical, la forme la plus typique est celle de la gamme par tons entiers sans demi-tons intermédiaires, - dont maints compositeurs au xxe siècle (influences des folklores européens, des musiques orientales) ont fait usage.
PERPÉTUEL (MOUVEMENT): ou Perpetuum mobile (ou l'italien Moto perpe- i tuo). Pièce instrumentale, de mouvement rapide et virtuose, fondée, de façon inin-, terrompue et régulière, sur des notes de valeur brève et égale.
PIZZICATO : mot italien. Sur les instruments à archet, technique consistant à pincer les cordes avec les doigts ; le son est bref, net, et mis à profit surtout dans les mouvements vifs.
POÈME SYMPHONIQUE: composition orchestrale, généralement en un seul mouvement, représentant un genre musical dont l' « idée » - d'ordre poétique, narratif ou descriptif - est extramusicale. Sa conduite, qui suit en principe un « programme », est donc extrêmement souple, même si parfois soumise à une forme pré-établie (Till Eulenspiegel, de Richard Strauss, est un rondo). Tout tend vers une exploitation maximale des ressources instrumentales de l'orchestre, ses coloris, ses pouvoirs d'évocation, voire d'illustration pure et simple. Le genre a connu son plein épanouissement dans la seconde moitié du xixe siècle (à partir de Liszt), - même si bien des oeuvres antérieures (Harold en Italie, de Berlioz, par exemple, ou même la Symphonie fantastique) apparaissent directement annonciatrices du poème symphonique.
POLYPHONIQUE: s'applique à une forme d'écriture dans laquelle se combinent plusieurs « voix », ou parties instrumentales, simultanées et dotées chacune d'une plus ou moins grande indépendance mélodique et rythmique; elles doivent néanmoins constituer un ensemble homogène. La polyphonie, de haute tradition dans la musique occidentale, représente un des moyens d'expression les plus riches pour les compositeurs.
POLYTONAL: lorsque sont superposées plusieurs tonalités différentes entendues simultanément. Mais bitonal quand ne sont superposées que deux tonalités, - ce qui représente la forme la plus simple de polytonalité.
RÉCURRENCE: dans l'écriture contrapuntique (ou le système dodécaphonique), désigne la reprise en ordre inversé des notes d'un thème (ou d'une « série »). On parle aussi d'un procédé d'écriture « à l'écrevisse ».
RELATIF (TON): s'applique pour désigner le rapport entre deux tons ayant la même armure (v. ce mot), mais dont l'un est majeur et l'autre mineur: ex. ré mineur relatif de fa majeur, avec tous deux un bémol à la clef.
RENVERSEMENT: interversion des rapports des sons dans un intervalle, un accord. Dans le renversement d'un motif, tous les intervalles ascendants de ce motif deviennent symétriquement descendants, et vice versa.
RÉSOLUTION: enchaînement d'un son, d'un intervalle ou d'un accord dissonant vers un autre son, intervalle ou accord consonant par un mouvement de seconde majeure ou mineure (ou de demi-ton chromatique). La résolution diminue la tension créée par la-dissonance et donne une impression d'équilibre harmonique.
RÉTROGRADATION: synonyme de récurrence (v. ce mot).
RONDO (FORME): mot italien. Forme musicale fondée sur l'alternance d'un refrain (motif principal) et de couplets (motifs secondaires). Au mouvement final de symphonies ou de concertos, le couplet peut prendre de l'importance et faire office de second thème, - le rondo s'apparentant dès lors à la forme sonate (v. ce mot).
RUBATO (TEMPO): de l'italien (= temps volé). Indication d'expression accordant quelque liberté pour accélérer ou ralentir (accelerando ou ritardando) certaines notes de la mélodie. Cet assouplissement des rigueurs de la mesure doit se garder de tout excès.
SCHERZO: mot italien (= plaisanterie, badinage). Au sens moderne (à partir de Beethoven), mouvement de symphonie à trois temps, de rythme vif, et de forme A B A, - la partie B intercalaire étant un trio modulant à partir de A (le scherzo proprement dit). Le scherzo peut être aussi une forme autonome (ex. lApprenti sorcier, de Paul Dukas).
SONATE (FORME): forme extrêmement élaborée de la musique occidentale. Elle s'est pleinement épanouie au xixe siècle sous l'aspect d'un mouvement comportant habituellement une exposition (mise en oeuvre du bithématisme, i.e. deux thèmes principaux), un développement (combinaisons de ces deux thèmes), une réexposition, et parfois aussi une coda (v. ce mot). En principe, l'Allegro initial de la symphonie à partir de Beethoven est la forme sonate proprement dite, - on parle également d'Allegro de sonate; mais, avec l'ensemble des mouvements qui lui succèdent (Adagio, Scherzo, Finale), se trouve réalisée une vaste forme sonate en quatre mouvements. Ce moule formel évoluera ensuite, - notamment avec le principe de composition « cyclique » (v., en particulier, César Franck).
SOITO VOCE: locution italienne (= sous la voix). « Indication d'exécution réclamant une émission et une expression retenues, - sans aller toutefois jusqu'au piano » (Science de la Musique, Bordas, Paris 1976).
STACCATO : mot italien (= détaché). Dans le jeu des instruments à archet notamment, exécution séparant nettement les notes les unes des autres. Exécuté lentement, le staccato tend à devenir un martellato.
STRETTE: du latin strictum (= serré). Partie finale d'une fugue, - dans laquelle les entrées successives du sujet se font très rapprochées. Plus généralement, conclusion accélérée d'un mouvement.
SUITE: composition instrumentale en plusieurs mouvements, - formant une succession de pièces de caractère contrasté mais stylistiquement unies, et écrites dans la même tonalité (du ton principal - tonique - à la dominante, puis, au travers de diverses modulations, de la dominante au ton initial). La forme type de la suite s'établit au xvile siècle (succession de quatre morceaux de danse: allemande, courante, sarabande, gigue). S'y joignent d'autres pièces telles que menuet, passepied, aria, bourrée, gavotte, etc., ainsi parfois qu'un prélude (ou ouverture) et qu'une conclusion (chaconne, passacaille, toccata). Aux xixe et XXe siècles, la suite - dite « d'orchestre » - s'émancipera de tout cadre formel, et deviendra le libre assemblage de pièces d'évocation, ou d'extraits symphoniques représentatifs d'opéras et de ballets, voire d'une musique de scène (exemples, pour l'opéra: deux suites de Carmen, de Bizet; pour le ballet: deux suites de Daphnis et Chloé, de Ravel; pour la musique de scène - suite de Pelléas et Mélisande, de Fauré).
SUL PONTICELLO. locution italienne (= au chevalet). Sur les instruments à archet, coup d'archet dans lequel le contact de cc dernier s'opère le plus près possible du chevalet; effet sonore particulier, par appauvrissement du son fondamental.
Lexique de la Musique du Monde

ACADIENNE (musique) : musique traditionnelle des minorités francophones des «provinces maritimes» du Canada (New Brunswick et Nova Scotia) qui se sont réinstallés après l'expulsion de 1755. Ses caractères sont proches de ceux de la musique québécoise avec toutefois des particularités de langage, des styles spécifiques et des influences écossaises et scandinaves plus marquées.
ACHOUGH : troubadours arméniens ayant exercé leur art du XVIe au XIXe siècle.
AFROBEAT : style inventé par Fela au début des années 70 et popularisé à partir de son pays, le Nigeria. Il se caractérise par une polyrythmie hypnotique issue de la tradition Yoruba et une puissante section de vents héritée du jazz.
AHWASH : danses collectives, ou par extension les fêtes où sont pratiquées ces danses, chantées ou jouées à la flûte avec accompagnement de tambour chez les berbères Chleuhs de l'Atlas marocain.
AL-JIL : pop égyptienne moderne qui s'inspire des rythmes de Haute Égypte et a pris son essor dans la foulée du raï des Cheb.
ALAP : prélude du raga indien, joué sans accompagnement de percussion.
ALÉKÉ : musique des Noirs marrons du fleuve Maroni, frontière entre la Guyane française et le Surinam. Accompagné de percussions, le chant responsorial évoque les sujets d'actualité à la manière du rap.
ANDES (flûte des) : genre inventé de toutes pièces par les musiciens andains exilés en Europe dans les années 60 et 70.
ARABESQUE : style de fantaisie populaire moderne apparu en Turquie dans les années 70, sorte de patchwork mélangeant les musiques classique et populaire turques avec le genre arabe des grandes étoiles égyptiennes comme Oum Kalsoum.
ARABO-ANDALOUSE (musique) : terme générique désignant la musique savante du Maghreb, qui s'appuie sur le système des noubas — suite d'½uvres vocales et instrumentales régie par une succession de rythmes et de mouvements selon un ordre précis — et un corpus de textes poétiques arabes post-classiques, les mouachah. Une dizaine d'écoles ont développé chacune la spécificité de leur tradition musicale par la transmission de maître à élève. Les principales sont : la âlâ (instrumentale) du Maroc ; le gharnâtî (de Grenade) du Maroc et de l'ouest algérien, notamment Tlemcen ; la çanaâ (artistique ou élaborée) du centre algérien, notamment Alger ; le malouf (composition ou habituel) de l'est maghrébin, notamment Constantine, la Tunisie et la Libye.
ASHIK (musique des) : poétes-chanteurs itinérants, les ashik de Turquie (que l'on retrouve en Azerbaïdjan et en Arménie) sont les héritiers des bardes turkmens (özan) venus d'Asie Central au XIe siècle. Ils accompagnent leurs chants au grand luth saz.
ASSIKO : danse et musique traditionnelles des Beti et des Bassa du Cameroun. Urbanisée, elle se joue généralement avec une guitare électrique saturée et diverses percussions dont l'indispensable bouteille frappée par un objet métallique.
AWASSA : danse traditionnelle de charme des Noirs marrons du Maroni exécutée par les plus belles femmes du village.
AZMARI (musique des) : les azmari, équivalent des griots en Éthiopie, perpétuent leur style dans les cabarets. Les instruments d'accompagnement sont le luth, la vièle, la lyre, voire l'accordéon.
BAGAD : grand ensemble de musique traditionnelle bretonne comprenant bombardes, cornemuses et percussions.
BHARATA-NATYAM : style de danse classique de l'Inde du Sud.
BEKO : style vocal de la tradition des Antandroy de Madagascar. Ces longues ballades épiques à trois ou quatre voix étaient chantées à l'origine lors des veillées funèbres.
BELAIR (ou bélé) : genre traditionnel de divertissement aux paroles satiriques, voire polissonnes. En Martinique, tibwa et tambours juba ou belair accompagnent les figures de danse. On trouve également le belair dans les îles de Trinidad, Dominique et Carriacou.
BENGA : style lancé dans les années 60 au Kenya par Daniel Owino Misiani, qui s'inspire des rythmes ngoma de la tradition Luo. Il introduit une guitare électrique au jeu saccadé, une basse puissante et la pulsion inexorable d'une grosse caisse.
BIGI POKOE : style musical majeur des soirées dansantes de l'ouest de la Guyane française et du Surinam.
BIGUINE : forme de jazz instrumental créé en Martinique dans les années 20 et largement popularisé en Europe, notamment par le clarinettiste Alexandre Stellio.
BIKUTSI : danse des femmes Beti du Cameroun traditionnellement accompagnée au balafon, puis transposée pour la guitare électrique jouée en étouffant les cordes.
BLUEGRASS : style de musique traditionnelle très virtuose du sud des USA, dérivée de l'Old Time. Ses instruments sont essentiellement la guitare, le banjo 5 cordes, la mandoline, le dobro.
BLUES : genre devenu universel né aux USA dans la région du Delta du Mississippi, au sein de la communauté noire travaillant dans les plantations. Ce style rural trouve ses racines en Afrique, probablement dans les vallées du Niger et du Sénégal. C'est aujourd'hui un arbre multiforme, dont les schémas se perpétuent principalement dans le jazz, le R&B et le rock.
BOLERO : style cubain de chanson ou de danse populaire lente et sentimentale aujourd'hui répandu dans le monde entier.
BOSSA NOVA : le son de la «nouvelle vague» brésilienne des années 60, en opposition avec la musique par trop élaborée de la décennie précédente.
BÛTO (danse) : genre de danse savante du Japon.
CADENCE : musique de danse haïtienne apparue dans les années 40. Le saxophoniste Weber Sicot popularisa dans les années 50 la cadence rampa, rivale du compas direct.
CANDOUMBLÉ : danses et chants rituels liées au culte brésilien du même nom.
CAJUN (musique) : musique traditionnelle des Cajuns de Louisiane. Les Cajuns sont les descendants de la partie des Acadiens, ces populations françaises de l'est du Canada (aujourd'hui les provinces du New Brunswick et du Nova Scotia) expulsées en 1755 par les Anglais, qui se réfugièrent en Louisiane. Leur musique est un mélange entre traditions françaises, traditions noires et américaines. Ses instruments de base sont le mélodéon (variété d'accordéon diatonique), le violon, la guitare et le triangle.
CALYPSO : genre populaire développé à Trinidad dans sa forme traditionnelle de l'abolition de l'esclavage à la fin du XIXe siècle. Intégrant les mélodies cubaines, la guitare espagnole et le parler créole, le calypso devient la forme d'expression libre la plus prisée du peuple, puis se modernise, obtenant des succès planétaires dans les années 50-60.
CAPOEIRA : sorte de danse en simulacre de combat sans arme dérivée des techniques de défense des anciens esclaves noirs du Brésil.
CARNATIQUE (musique) : musique savante de l'Inde du sud dont les instruments principaux sont la vîna (luth à quatre cordes mélodiques et trois bourdons) et le mridangam (percussion).
CENTRE (musique du) : ensemble des musiques traditionnelles des provinces du centre de la France — essentiellement Berry, Bourbonnais, Nivernais et Morvan — devenue depuis les années 70 un véritable genre musical français. Les instruments emblématiques sont la vielle et les cornemuses dites «du Centre» (musettes du Berry et du Bourbonnais, grandes cornemuse du Nivernais), auxquelles s'adjoint souvent l 'accordéon diatonique. Elles peuvent rejoindre ou se distinguer des musiques d'Auvergne, du Rouergue et du Limousin.
CHÂABI : genre populaire né à Alger à la charnière des XIXe et XXe siècles, bousculant et assouplissant les règles strictes de la musique arabo-andalouse.
CHACHACHA : danse cubaine créée par Enrique Jorrin, s'inspirant du danzon, qui se dansera dans le monde entier dans les années 50.
CHAMAMÉ : genre musical et chorégraphique du nord de l'Argentine dont les instruments principaux sont l'accordéon et la guitare.
CHAMPETA : style des Noirs de la côte atlantique de Colombie s'inspirant des musiques africaines contemporaines : rumba, soukouss, afrobeat.
CHANGUI : l'une des formes du son dans la partie est de Cuba.
CHICHA : genre populaire moderne développé au Pérou, qui emprunte à la tradition huayno, à la cumbia colombienne et au rock. Chicha est d'abord le nom d'une boisson alcoolisée locale.
CHIMURENGA : style moderne nourri aux traditions des Shona apparu dans la Rhodésie des années 70. Il a contribué par ses proverbes chantés à la victoire de la « guerre de libération » (chimurenga en shona) et est identifié à l'honneur du Zimbabwe.
CHORO : l'une des plus anciennes musiques instrumentales du Brésil influencée par le fado portugais et les musiques européennes de salon.
CHOUVAL BWA : musique qui accompagnait les manèges de chevaux de bois en Martinique.
COLADEIRA : l'un des deux principaux genres du Cap-Vert qui s'est affirmé dans les années 60 par son rythme rapide et ses paroles humoristiques, portées sur la critique sociale, voire le sarcasme.
COMPAS : genre populaire moderne pour grands orchestres de danse élaboré après guerre à Haïti, dans l'esprit des grands orchestres cubains. En 1955, le saxophoniste Jean-Baptiste Nemours lance le compas direct, un balancement qui fait encore aujourd'hui le régal des danseurs. Se dit aussi des cycles rythmiques du flamenco.
CORRIDO : style très populaire dans les années 20 des deux côtés de l'actuel frontière entre les USA et le Mexique mélangeant l'accordéon des migrants de Bohème aux guitares espagnoles.
COUNTRY MUSIC : désignait à l'origine les musiques traditionnelles des communautés blanches du sud des USA. Le terme est utilisé aujourd'hui pour définir la musique de variété de cette même région, dérivée du Bluegrass et de l'Old Time.
CUMBIA : genre de musique de danse paysanne s'appuyant sur des rythmes chauds et des mélodies syncopée. Née en Colombie, elle a rencontré son plus grand succès au Mexique. Sa version urbaine modernisée s'inscrit dans la lignée du mambo et de la salsa.
DANCEHALL : genre populaire apparu en Jamaïque dans les années 80, découlant du reggae mais d'inspiration rap, qui véhicule souvent l'attitude dite slackness violente et machiste.
DANZON : musique cubaine d'influence européenne, dont les racines sont à trouver dans les contredanses françaises, où les violons et la flûte tiennent une place prépondérante.
DASTGÂH : structure modale de la musique persane comportant un ou plusieurs modes anciens dits maghams. La musique traditionnelle persane comprend sept dastgâth-s.
DHIKR : litanie chantée à la gloire de Dieu par les confréries mystiques dans toute l'Afrique du Nord.
DIPHONIQUE (chant) : émission particulière de la voix permettant d'obtenir plusieurs notes en même temps en jouant sur les harmoniques d'une fondamentale comme pour une guimbarde (d'où aussi le nom de «voix-guimbarde»). Cette émission est particulièrement répandue en Asie centrale (notamment en Mongolie, Touva, Tadjikistna) et en Sibérie. Elle est parfois liée au chamanisme mais elle peut être aussi une technique vocale au service d'un répertoire de chansons ou un simple divertissement.
DHRUPAD : style musical savant de l'Inde du nord essentiellement chanté ou interprété à la vichitra vîna.
FADO : complainte portugaise aux amples développements vocaux pleins d'émotion. Apparue dans sa forme première au XIXe siècle parmi la communauté du Brésil, elle marque le Portugal et la lusophonie de l'empreinte musicale de la saudade, expression unique du sentiment de profonde mélancolie.
FASIL : genre de musique semi-classique ottomane chantée.
FLAMENCO : genre espagnol apparu en Andalousie au milieu du XIXe siècle, composé de textes poétiques, letras, et de différentes formes de chant auxquelles sont associés des rythmes spécifiques, compas. Les artistes y développent l'art du chant, de la guitare et de la danse. De tradition orale, le flamenco n'a cessé d'évoluer depuis un siècle et demi.
FORRO : musique à danser de la province du Nordeste au Brésil entraînée traditionnellement par le soufflet joyeux ou plaintif de l'accordéon, un triangle et un tambour.
FUJI : genre hérité des rythmes associés à l'Apala, tradition rituelle des Hausa islamisés du Nigeria, modernisés par Barrister, qui s'inspira d'une carte postale du Fuji-Yama pour le nommer.
FUNANA : danse rustique du Cap-Vert, dont l'appel à la transe est attisé par le ferrinho (barre métallique raclée par un couteau) et le soufflet de l'accordéon. Sa version moderne est la reine des bals.
GAGAKU : musique instrumentale savante japonaise, tantôt dansée, tantôt chantée.
GAMELAN : musique des grands ensembles fondés principalement sur des métallophones (lames et gongs) de l'archipel indonésien et principalement à Bali et à Java.
GNAWA (musique des) : musique des confréries mystiques du Nord du Sahara (Maroc, Algérie) descendant d'esclaves noirs affranchis. Dirigé par un maâlem (maître), les gnawa (singulier gnawi) chantent au son du luth gumbri, des grandes castagnettes métalliques crotales ou karkabou, des grands tambourins bendir et des grands tambours t'bal. Au cours d'une lila (cérémonie), les danseurs peuvent atteindre un état de transe et la musique est généralement employée pour les rituels de guérison.
GUAJIRA : musique cubaine paysanne d'origine espagnole qui a pénétré les salons de toute la Caraïbe dans les années 50-60 grâce au talent de Guillermo Portabales.
GWO KA :genre traditionnel englobant chant, danse et musique, des populations noires de Guadeloupe et auquel sont intimement associés les tambours ka et boula, le gros hochet calebasse chacha et parfois le triangle et le siac (long bambou cannelé).
HAWZI : répertoire intermédiaire entre la musique arabo-andalouse au développement très long et la musique populaire faite de courtes pièces.
HIGHLIFE : né dans les années 20 sur la Gold Coast, actuel Ghana, cette musique des clubs chics, qui fit fureur au Nigeria, mêle la sophistication du jazz aux romances paresseuses de la côte du Golfe de Guinée avec un zeste de mélodies caraïbes et des guitares électriques sur les rythmiques osibi des Ibos et des Akan.
HUAPANGO : genre populaire mexicain jouée dans le centre et sur la côte du Golfe du Mexique selon plusieurs variantes et connu dans le monde entier par La Bamba.
HUAYNO : la véritable musique populaire des Andes, qui prend ses racines dans le fonds culturel d'avant la conquête du Pérou avec ses voix perçantes.
IGGAWIN (musique des) : équivalent des griots, ces troubadours généalogistes de Mauritanie pratiquent un art consommé de la poésie et des modes musicaux complexes. Ils s'accompagnent principalement à la harpe ardin et au luth tidinit.
INDIENS D'AMÉRIQUE (musique des) : les descendants des populations qui vivaient sur le continent américain avant l'arrivée des européens, perpétuent des traditions musicales vieilles de millénaires demeurées attachées aux cérémonies consacrées aux divinités ou à des jeux vocaux, comme chez les Inuits du grand nord. Ces musiques sont essentiellement vocales, accompagnées de tambours et de hochets.
ISCATHAMIYA : style vocal d'Afrique du Sud, également appelé bube ou m'bube, jeu choral aux messages édifiants parfaitement illustré par les harmonies de l'ensemble Ladysmith Black Mambazo.
JUJU MUSIC : style moderne héritier des grands ensembles de tambours et de ch½urs qui accompagnaient autrefois les rites vaudous dans la tradition des Yorubas des actuels Nigeria et Bénin. Instrument caractéristique, le tambour parlant gbedun énonce des proverbes, auxquels répond le ch½ur.
JOROPO : danse du Venezuela dans laquelle un rythme binaire se superpose au rythme ternaire de base.
KAN HA DISKAN : forme de chant responsorial breton servant aussi bien à la danse qu'au récit ou au divertissement.
KANEKA : mouvement musical de Nouvelle-Calédonie s'appuyant sur les traditions kanake mélangées à des influences de reggae et de blues.
KASSEKO : musique et danse traditionnelles de Guyane accompagnée de tambours, évoquant le gwo-ka de Guadeloupe par certains aspects.
KATHAK (danse) : style de danse classique de l'Inde du Nord.
KATHAKALI : théâtre dansé dévotionnel de l'Inde du Sud (Kerala).
KLEZMER : musique de mariage et de fête importée aux États-Unis par les juifs Ashkénazes d'Europe orientale, puis développée et modernisée, notamment par des apports du jazz, dans la communauté new-yorkaise, qui l'a remise au goût du jour en Europe et en Israël.
LLANERA (musica) : genre spécifiques aux vastes plaines des Llanos entourant le bassin de l'Orénoque au Venezuela et en Colombie. L'orchestre est généralement constitué d'une voix, d'une harpe, d'une guitare, d'un quatro et de maracas. Le contrapunteo est une variante où deux chanteurs rivalisent en improvisant leurs paroles.
MACUMBA : rituel brésilien importé d'Afrique.
MAHJUZ : genre musical citadin de Constantine en Algérie.
MAKAM : système modal de la musique ottomane combinant une échelle musicale, un itinéraire mélodique et des motifs spécifiques (voir maquam).
MAKOSSA : genre moderne élaboré dans les années 50 à Douala, grand port et capitale économique du Cameroun. Electrifié par la suite, il mélange les influences du highlife aux rythmes traditionnels de l'ambas bey des Douala et se métisse volontiers de rumba congolaise (notamment au niveau des guitares). Manu Dibango y a introduit une touche funky très américaine.
MALHUN : poésie populaire chantée citadine développée sur une trentaine de genres musicaux en Algérie et au sein des corporations masculines d'artisans au Maroc.
MALOYA : genre traditionnel développé à la Réunion dans la communauté des Cafres, descendants d'esclaves noirs. Il puise ses origines dans les rites du culte des ancêtres, kabaré. Il en constitue le principal moment de danse, accompagné par le rouleur, tambour trapu, l'arc musical bobre, le triangle et le fameux kayamb, hochet rectangulaire fait de tiges de canne à sucre remplies de graines.
MAMBO : musique de danse rapide apparue au Mexique sous la baguette du pianiste cubain Damaso Perez Prado, développée à Cuba dans les années 40, puis par les big-bands notamment à New York.
MANDINGUE (musique) : terme englobant l'ensemble des musiques produites dans l'ère culturelle délimitée par l'Empire Mandingue au XIVe (Gambie, Sénégal, Guinée, Mali...). Perpétué et enrichi par la caste des djeli (griots) attachée à celle des horon (nobles) — pour qui les griots sont les musiciens, généalogistes, chroniqueurs, conseillers, portes paroles... — le fonds musical mandingue est un trésor raffiné de mélodies, de contes épiques et édifiants, ainsi que d'instruments : kora, balafon, luths, percussions de toutes sortes... Cette ancienne musique de cour constitue une source intarissable d'inspiration pour les musiciens modernes.
MAQÂM : structure modale de la musique savante arabe. Le maqâm associe une échelle musicale évoluant selon une structure mélodique liée à des points de repère, un sentiment et une symbolique. Le terme et le concept sont communs aux musiques persane, arabe et turque. Dans la musique persane, le maqâm ou magham est caractérisé par trois notes : la note témoin (shâhed) base de la progression mélodique, la note variable (moteqayyer) dont la hauteur varie au cours du mouvement et la note d'arrêt sur laquelle se fonde toute interruption de la musique. La note d'arrêt final est suivie d'un motif (foroud) servant à revenir à l'intonation initiale.
MAQÔM : désigne en Asie centrale soit une suite de pièces groupées dans une ordonnance modale précise (le terme renvoie alors à une notion parente du maqam), soit une genre spécifique de musique classique comme le Shash-maqôm en Ouzbékistan.
MARIACHI :grand orchestre mexicain constitué à l'origine de violons, harpe et guitares acoustiques (de la petite à la très grosse basse). L'entrée des trompettes a plus tard fait disparaître la harpe.
MASSIF CENTRAL (musiques du) : musiques traditionnelles de la grande aire musicale incluant l'Auvergne, le Rouergue et le Limousin.
MBALAX : genre traditionnel des Wolofs du Sénégal, interprété à l'origine par des ensembles de percussions, dont le sabar est le tambour emblématique, et perpétué aujourd'hui sous cette forme (cf. Doudou N'Diaye Rose). Modernisé vers la fin des années 60, le mbalax conserve son balancement particulier qu'il soit teinté de soul, de rock, de soukouss ou de musique cubaine.
MBAQANGA : genre moderne né dans les bars clandestins des townships d'Afrique du Sud sous le régime d'apartheid au milieu des années 60. Cette musique littéralement «fait maison» (mbaqanga en zoulou) mélange les sonorités pop au groove des danses traditionnelles enluminées de syncopes.
MENTO : musique populaire jamaïcaine des années 50, au doux balancement syncopé et aux messages impertinents, assez proche du calypso.
MERENGUE : musique de danse de Saint-Domingue très proche de la méringue haïtienne dans sa version traditionnelle, puis popularisée dans sa forme moderne dans tout le monde américain, avec des orchestrations assez semblables à celles de la salsa.
MÉRINGUE : danse haïtienne héritée d'anciennes danses européennes.
MERDOUM : style de chant et de rythme soudanais de la région du Kordofan, popularisé par Abdel Gadir Salim.
MILONGA : complainte traditionnelle du gaucho argentin.
MODES : systèmes musicaux alliant échelles, rythmes, type mélodique et sentiment. Ces systèmes prennent des formes diverses et variées : raga-s en Inde, maqâm pour les musiques perses (ou maghams), arabe et turque, maqôm en Asie centrale, mugam en Azerbaïdjan, magham en Irak, diêu au Vietnam... La modalité régne sur la quasi totalité des musiques traditionnelles savantes et populaires du monde ainsi que sur une grande partie des musiques traditionnelles européennes. En Occident, on utilise souvent une terminologie adaptée des grecs et du plain-chant (modes dorien, éolien, ionien, mixolydien...) ou s'appuyant sur la hauteur relative de la note d'intonation (mode de ré, mode de la, mode de sol...).
MORNA : chanson mélancolique et poétique, symbole de l'expression de l'âme capverdien à travers la saudade. Depuis le début du XXe siècle, ses airs poignants transportent les paroles des poètes sur les accords du cavaquinho, de la guitare, du violon et du piano.
MUGAM : structure modale d'Azerbaïdjan formée d'une suite de séquence mélodiques vocales et instrumentales exploitant un mode principal (dastiag) et des modes secondaires (shobe).
MUSETTE : genre populaire parisien issu de la rencontre, dans les bals du quartier de la Bastille, entre les cabrettaires auvergnats (joueurs de cabrette, la cornemuse d'Auvergne) et les accordéonnistes italiens. Ce genre prit sa forme définitive sous les doigts d'Emile Vacher. Le musette est surtout une musique de bal.
NUEVA CANCION : nouvelle chanson populaire politique développée au Chili dans les années 60. Elle a aussi ses adeptes en Argentine.
OLD TIME : musique traditionnelle vocale et instrumentale du sud des USA, principalement des communautés blanches des Appalaches, et constituée sur un substrat britannique avec des influences d'autres traditions européennes ou provenant du blues. Ses instruments principaux sont le violon, le banjo 5 cordes, la guitare, le dulcimer et l'autoharp. Elle a donnée naissance au Bluegrass et marque de son empreinte la Country Music.
PALM-WINE MUSIC : sorte de folk africain au balancement nonchalant que l'on retrouve tout le long du littoral nord du Golfe de Guinée, depuis le Togo jusqu'à la Sierra Leone, principalement dans les bars populaires où l'on sirote le vin de palme.
PIBROCH : genre particulier de la musique traditionnelle écossaise pour cornemuse consistant en une suite de variations sur un thème donné et comportant des ornementation de plus en plus complexes.
POLYPHONIES VOCALES : musique vocale se fondant sur des associations simultanées de sons considérés comme consonants. Loin d'être l'apanage de la musique savante occidentale, la polyphonie vocale est répandue dans de très nombreuses régions du globe. Elle utilise tous les types de consonances, que ce soit la quinte (Corse, Sardaigne...), la tierce (Italie, Béarn...), la tierce mineure (Afrique), voire la seconde (Istrie, Epire...). Les polyphonies vocales sont répandue en Europe, surtout sur le pourtour méditerranéen (Corse, Sardaigne, Italie, Croatie, Grèce, Albanie...) et en Europe centrale (Roumanie, Bulgarie), en Géorgie, mais aussi en Béarn, Pays basque, Murcie, Alentejo... Elle règne sur une partie de l'Afrique sub-saharienne, en Polynésie, et jusqu'en Asie (Taïwan).
PORROS : musique de tradition rurale répandue au Venezuela et en Colombie, généralement interprétée par des fanfares.
QAÇIDA : genre musical bédouin composé d'un commentaire parlé, de vocalises sur bourdon et soli de flûtes, et d'une partie rythmée.
QAWWALI : musique des Qawwal, musiciens traditionnels musulmans du sous-continent indien, qui chantaient à l'origine exclusivement dans les sanctuaires des grands ancêtres, lors de cérémonies sous la direction du Pir, maître spirituel du lieu, successeur désigné du grand ancêtre. Le but de ce concert mystique, sama, est de provoquer l'extase en répétant le vers chanté au son de l'harmonium et des claquements de mains dont le rythme s'accélère progressivement. Sorti des sanctuaires, le chant qawwali a pris une dimension extraordinaire grâce au talent incomparable de Nusrat Fateh Ali Khan.
QUÉBÉCOISE (musique) : musique traditionnelle des populations francophones, à majorité normande et poitevine, du Québec. Si la chanson traditionnelle est directement dérivée des traditions françaises, la musique instrumentale est un mélange entre les répertoires français anciens et les traditions irlandaises et écossaises.
RA-RA : musique de rue au rythme soutenu, originaire des musiques de transe jouée lors des rites vaudous en Haïti, accompagnant les défilés de carnaval.
RADIF : ordonnancement modal de la musique persane. Le radif comporte douze suites (dastgâh-s, avâz). Chaque dastgâh ou avâz comporte un ou plusieurs modes fixes dit maghams constitués d'une suite immuable de courtes séquences mélodiques (gousheh).
RAGA : structure modale de la musique indienne. Un raga peut être défini par quatre critères fondamentaux : échelle modale dont les pentes ascendantes et descendantes peuvent être identiques ou différentes, hiérarchie des degrés dans l'échelle modale, formule ou motif mélodique, sentiment modal.
RAÏ : dans son acception traditionnelle, répertoire populaire et rural de la région de l'Oranais en Algérie, exprimant une opinion (c'est le sens du mot raï) au son des flûtes gasba et du gellal, tambour long et étroit.
RAKS SHARKI : genre de musique et de danse traditionnellement interprété dans les mariages, notamment en Égypte, mieux connu en Occident sous le nom de « danse du ventre ».
RANCHERA : style caractéristique de la musique mexicaine véhiculée par le cinéma avec ses «ay-ay-ay» !
RASIN (mizik) : musique revendicative prônant le retour aux racines africaines de la culture haïtienne, sorte de vaudou-rock promue par la jeunesse concernée après le « déchouquage » de Baby Doc.
REBETIKO (ou rembetika) : genre pratiqué à l'origine au sein de la communauté grecque de Turquie chassée par les troupes d'Atatürk après l'agression des Grecs dans les années 20. Pleine d'influences ottomanes, cette musique jouée dans les bar où l'on fumait le haschisch fut réprouvée en Grèce, jusqu'à sa réhabilitation et sa renaissance dans les années 70.
REGGAE : genre apparu à la fin des années 60 en Jamaïque dans la lignée du mento et du ska, aujourd'hui répandu sur toute la planète grâce à son prophète Bob Marley.
RUMBA : genre traditionnel afrocubain impliquant à l'origine seulement le chant, la danse et les percussions, notamment associé aux rites de la santeria. Dans le courant du XIXe siècle, cante jondo et tambours bantous donnent naissance à la rumba brava. Le terme rumba popularisé dans les années 50 désigne en fait la version moderne orchestrée du son.
RUMBA CONGOLAISE : élaboré au début des années 50 dans les capitales jumelles des deux Congos (Brazzaville et Léopoldville devenue Kinshasa), ce style s'inspire des musiques cubaines avant d'évoluer progressivement vers un genre africain à part entière, caractérisé par les harmonies chantées en lingala, l'importance des guitares électriques rythmique et soliste, la ponctuation des cuivres, les percussions et l'absence de batterie.
SAIYIDI : musique traditionnelle à messages de la haute vallée du Nil en Égypte.
SALEGY : style traditionnel des Sakalava, qui occupent majoritairement la côte ouest de Madagascar depuis cinq siècles. Dans sa forme modernisée, la guitare remplace le valiha, la batterie le tambour, l'orgue l'accordéon, mais l'on danse toujours sur une rythme en 6/8.
SALSA : genre créé par les artistes cubains et latino-américains émigrés à New York après la révolution castriste, puis popularisé dans le monde entier par Jerry Masucci, fondateur du label Fania. La salsa est aujourd'hui la musique latine internationale.
SAMBA : la reine des carnaval au Brésil, son rythme s'inspire de ceux du semba qui a voyagé avec les Noirs depuis l'Angola.
SAWAHILI : musique égyptienne traditionnelle populaire de la côte méditerranéenne.
SEAN NOZ : style vocal traditionnel irlandais a capella avec un répertoire essentiellement gaélique.
SEGA : genre commun aux îles de l'Océan Indien (Maurice, Réunion, Seychelles...), qui accompagnait les rites des Africains déportés avant de devenir une simple chronique orale de la vie sociale. Triangle, tambour et hochet en tiges de canne à sucre produisent ce vertige cyclonique ternaire caractéristique du séga traditionnel.
SEGGAE : courant répandu à partir de l'Ile Maurice vers la fin des années 80, mariant les orchestrations et les messages du reggae au balancement typique du sega traditionnel, alors laissé pour compte.
SEMA : concert spirituel des Soufi, notamment des derviches tourneurs en Turquie.
SHÔMYÔ : chant liturgique bouddhique japonais.
SKA : style apparu en Jamaïque à la fin des années 50, à la croisée du mento et du R&B, accentuant exagérément la syncope du boogie-woogie de la Nouvelle-Orléans. Apprécié en Angleterre, il y est baptisé blue-beat dans les années 60.
SOCA : version modernisée, électrifiée et accélérée du calypso, très populaire à Trinidad.
SON : genre né à Cuba dans la province de Oriente à la fin du XIXe siècle et qui s'est répandu sur tout le territoire avec les forces luttant pour l'abolition de l'esclavage. Développé dans les années 20 et 30 par le mouvement Afrocubanismo pour la revalorisation de la culture noire à Cuba, le son connaît un immense succès en Amérique du Nord sous le nom de rumba. On redécouvre aujourd'hui certains des artistes qui ont fait sa légende dans les années 40 et 50.
SOUFI (musiques) : terme générique désignant les musiques qui accompagnent les rituels des diverses confréries de Soufi implantées dans le monde musulman, depuis le qawwali au Pakistan, jusqu'aux musiques des confréries du Maghreb, en passant par les derviches de Turquie. Le dénominateur commun de ces musiques est de permettre à ceux qui la pratiquent l'accès à un état d'extase mystique.
SOUKOUSS : prolongement de la rumba congolaise, le soukouss en restaure et en modernise la construction, introduisant notamment la batterie et le sébéné, animation instrumentale dansante qui permet au guitariste soliste de déployer toutes les facettes de son talent.
STEELBAND (musique de) : inventés à Trinidad, les steelbands sont constitués de pans, instruments à percussions fabriqués à l'origine à partir de fûts de pétrole. Chaque année, le carnaval de Trinidad est l'occasion d'un concours où s'affrontent les meilleurs steelbands de l'île.
SUNDA (musique) : musique de chambre, vocale et instrumentale, du Pays Sunda à Java. Ses instruments sont les cithares kacapi indung et kacapi rincik, la flûte suling et la vièle rebab.
TAARAB : descendant direct de la musique arabe classique, ce genre a pris une certaine autonomie dans les anciens sultanats de Zanzibar et Dar Es-Salaam (actuelle Tanzanie), de Mombasa (actuel Kenya) et aux Comores (où on l'appelle twarab), en substituant la langue swahili à l'arabe.
TAQSIM : improvisation instrumentale présentant un maqam arabe.
TANGO : genre de musique et de danse dont Borges dit qu'elle « est née dans les bordels » de Buenos Aires au son du bandonéon. Gardel en a fait l'un des genres populaires les plus sophistiqués du XXe siècle et Piazzola lui a forgé les clés de son évolution.
TEX-MEX : genre populaire dansant développé entre Texas et Mexique, où l'accordéon mène le bal sur un rythme de polka et qui aborde d'importants sujets de société : boire, mentir, tricher... De l'autre côté du Rio Grande, où elle porte le nom de norteño, cette musique est chantée dans un style plus nasillard.
TINDÉ : forme musicale des Touareg, dont le chant responsorial est accompagné par le tindé, mortier recouvert d'une peau en guise de tambour.
TOCCATA : ensemble instrumental portugais comprenant, en général, une accordéon, un concertina, un tambour, une guitare, un triangle et un reco-reco.
TROVA : style de chanson des « troubadours » apparu à Cuba dans la province de Oriente à la fin du XIXe siècle. Elle excelle à conter les incurables peines de l'amour blessé.
TSIGANES (musiques) : terme générique qui désigne généralement les musiques jouées par les Tsiganes en Europe de l'est et dans les Balkans. Elles s'inspirent à l'origine des traditions locales, mais sont interprétées avec tout le savoir accumulé par ces musiciens professionnels nomades. Dans leurs instrumentations, on trouve violon, accordéon, clarinette, guitare, tambour en forme de sablier et fanfares.
VALLENATO : splendeur de l'accordéon de la côte atlantique de la Colombie, ce style joue sur l'interaction de rythmes africains avec des douces mélodies développées sur toute l'amplitude de la gamme.
WAHRANI : genre musical oranais influencé par la musique égyptienne.
WASSOULOU (musique du) : style développé dans la région du Wassoulou au sud-est du Mali, puisant dans la tradition des musiques de chasseurs. L'instrument emblématique de sa version moderne est le kamelen ngoni, harpe à six cordes traditionnellement jouée par les jeunes garçons.
ZIGLIBITHY : musique et danse traditionnelles des Bété de Côte d'Ivoire, modernisées et popularisées dans les années 70 par le chanteur guitariste Ernesto Djédjé, pionnier de ce genre de démarche dans son pays.
ZOUK : désigne à l'origine une fête de campagne où l'on danse aux Antilles. Puis un genre musical apparu vers la fin des années 70 entre les Antilles et les studios parisiens, où Jacob Desvarieux et Pierre-Edouard Décimus se mélangeaient avec les artistes africains du makossa et du soukouss. On peut dire que le zouk est la création des deux fondateurs de Kassav.
ZULU TRADITIONAL : style hérité des musiques et danses traditionnelles des Zoulou d'Afrique du Sud, à l'instrumentation généralement très économe (guitare sèche, concertina, violon et percussions...), les vocaux et la danse lui donnant toute sa force.
Lexique de la Musique de chambre

Accent : renforcement de notes ou d'accords essentiels dans une phrase musicale, le procédé le plus courant consistant à augmenter la dynamique (v. sforzando). Ce fut aussi un ornement dans la musique des xviie et xviii, siècles : petite note située après la note principale et occupant une partie de sa valeur rythmique.
Agoglque : néologisme (de Pall. « Agogik », d'après le grec). Désigne l'accentuation naturelle d'une phrase musicale par opposition à sa pulsation métrique régulière, et, par extension, toute modification rythmique à des fins expressives comportant une accentuation (v. accent).
Alla breve : locutation italienne indiquant que l'unité de temps est la blanche (« battre à la blanche »), de sorte qu'une mesure à 4/4 se présente comme une mesure à 2/2.
Ambitus : synonyme d'étendue lorsqu'on l'applique à une mélodie, à une partie instrumentale ou à l'instrument lui-même, - de la note la plus grave à la note la plus aiguë. A distinguer de la tessiture (v. ce mot).
Anacrouse : note(s) initiale(s) d'un morceau extérieure(s) au premier temps fort de la mesure. S'applique également à toute note qui, au cours du morceau, forme, avec une valeur accentuée lui faisant suite, un motif rythmique continu.
Antécédent : synonyme de « sujet » dans une figure ou un canon; ou, dans une phrase mélodique, première période à caractère suspensif, à laquelle répond une seconde période dite « conséquent ». On parle aussi de « question » et de « réponse ».
A placere : locution italienne (« à plaisir », « à volonté »). Indique, pour l'exécutant, toute liberté de choix quant au tempo ou à l'expression d'un passage ou d'un morceau entier; peut se substituer à ad libitum.
Appog(g)iature : de Pit. « appoggiare ». Son dissonant étranger à l'accord avec lequel il résonne (un demi-ton au-dessus ou audessous), qui précède et prend momentanément la place de la note réelle de cet accord. C'est un accent expressif se jouant de façon plus « appuyée » que cette note réelle. V. également accent.
A punta d'arco : locution italienne indiquant « à la pointe de l'archet » dans le jeu des instruments à cordes.
Arco : mot italien (« archet »). Dans le jeu des instruments à cordes, précise à l'exécutant qu'il doit à nouveau utiliser l'archet après un passage joué pizzicato ou col legno (v. ces mots). On utilise aussi l'expression coll'arco.
Armature (ou armure) : ensemble des accidents placés en tête de la portée, après la clé. Ils désignent ainsi toutes les notes altérées constitutives de la tonalité choisie.
Arpège (ou arpègement) : terme issu du jeu de la harpe. Exécution successive, mais rapprochée, des notes d'un accord du grave à l'aigu (ou inversement); l'arpège est « brisé » lorsque les notes ne sont pas prises dans l'ordre normal. Arpeggio, en italien, est le terme d'exécution musicale correspondant.
Articulation : « dans le jeu des instruments, on appelle articulation la manière de lier ou de séparer les sons au moyen du souffle et des lèvres pour les instruments à vent, des différents coups d'archet pour les instruments à cordes frottées, de la position et de l'attaque des doigts pour les instruments à cordes pincées ou à clavier. Issues de l'évolution de la musique instrumentale, les différentes possibilités d'articulation vont du legato au staccato» (v. ces mots). Définition donnée dans : Science de la Musique (Bordas, Paris, 1976).
Attac(c)a : locution italienne (du verbe « attaccare ») indiquant de continuer sans interruption, notamment dans les enchaînements entre mouvements. On rencontre aussi A ttaca subito, « enchamer immédiatement ».
Augmentation : dans son sens strict, prolongation de la durée d'une note par l'adjonction de la moitié de sa valeur. Dans les pièces de style contrapuntique (v. ce mot), il s'agit de la répétition en valeurs plus longues d'un thème ou d'un motif : cas fréquent de la fugue, dont le sujet est repris en augmentation.
Bariolage : terme appliqué au jeu des instruments à cordes frottées. C'est un effet de « couleurs » obtenu en jouant alternativement la même note sur deux cordes différentes, dont une à vide (v. corde à vide); s'applique également à un passage répété, joué sur des cordes différentes.
Basse : partie servant de base à l'enchaînement des accords, c'est-à-dire à l'harmonie d'une oeuvre musicale; s'applique également à tout registre grave.
Basse continue : système de notation (dite « basse chiffrée ») employé aux xviie et xviiie siècles, et permettant de réaliser sur une note de basse donnée la suite d'accords destinés à soutenir harmoniquement une composition.
Basse obstinée : formule de basse employée dans certains types de composition (chaconne, passacaille), et consistant dans la répétition continuelle d'une série de notes.
Batterie : formule d'accompagnement soit en accords arpégés, soit en accords brisés.
Cadence (ou cadenza) : phrase conclusive, ou formule mélodique~ voire harmonique, ter minant une phrase musicale. Par extension, improvisation, généralement virtuose, placée en principe avant la fin du mouvement.
Cadence plagalle « relève d'une classification de l'harmonie traditionnelle selon laquelle la cadence plagale - qui est courante - correspond à un enchaînement de la sousdominante à la tonique (v. ce mot). On distingue aussi les cadences parfaites (de la dominante à la tonique), imparfaites, rompues, etc. La cadence parfaite est nettement conclusive; la cadence plagale l'est de façon moins affirmative.
Canonique : se rapporte au canon, type d'écriture contrapuntique (v. ce mot) dans lequel les « voix » énoncent le même motif, mélodique et souvent rythmique, mais décalées les unes par rapport aux autres, à des distances variables et à des hauteurs différentes.
Cantabile - mot italien. Par analogie avec la musique vocale, qualifie une pièce ou un passage dont le caractère mélodique est mis en relief. Cantando (« en chantant ») a la même signification.
Cantus flrmus : au sens large, donnée mélodique principale d'une polyphonie lui servant de point de départ et de développement. Dans un sens plus strict, mélodie indépendante en valeurs longues, souvent égales, dominant toute la composition polyphonique (v. ce mot).
Chanterelle : nom de la corde la plus aiguë d'un instrument à cordes frottées ou pincées et à manche.
Coda : mot italien (« queue »). Employé, très généralement, comme synonyme de conclusion, de péroraison.
Coll'arco : locution italienne signifiant « avec l'archet »; v. également arco.
Colla punta d'arco : locution italienne signifiant « avec la pointe de l'archet » ; v. également a punta d'arco.
Col legno : locution italienne signifiant « avec le bois », c'est-à-dire en utilisant la baguette de l'archet au lieu de la mèche, - soit en frappant légèrement les cordes, soit en les frottant (la fin du passage ainsi exécuté est indiquée arco).
Continuo : abréviation pour basse continue (V. ce mot).
Contrapuntique : respectant les règles du contrepoint, - discipline essentielle de la composition dans la musique occidentale. Tandis que l'harmonie, autre discipline fondamentale, s'intéresse à l'enchaînement des accords, le contrepoint envisage la conduite de deux ou plusieurs lignes mélodiques indépendantes et simultanées à partir d'un motif donné (v. également harmonique).
Contre-chant : ligne mélodique secondaire, parfois second thème, opposée ou associée à la ligne mélodique principale (ou thème), dans un morceau contrapuntique.
Corde à vide : dans le jeu des instruments à cordes et à manche, corde vibrant dans toute sa longueur sans que l'on appuie de doigt sur la touche (elle est marquée par le chiffre 0 placé au-dessus de la note). Son emploi, dans la technique du violon notamment, vise à un effet particulier.
Coup d'archet : dans le jeu des instruments à cordes, désigne la tenue de l'archet et son maniement. En découle la qualité du son, de l'articulation (v. ce mot) et du phrasé. Indique également la manière d'utiliser l'archet selon le caractère d'une phrase musicale : ainsi trouve-ton, le plus couramment, les coups d'archet marqués legato, martellato, staccato, spiccato (v. ces termes).
Da capo : locution italienne (« du commencement »). Indication de reprise d'un morceau à son début (jusqu'à l'endroit marqué «Fine »). La forme Da capo peut être schématisée par ABA : après la partie centrale B, reprise de la partie A formant conclusion.
Diminution : dans une pièce de style contrapuntique (v. ce mot), procédé de présentation du thème en valeurs moindres que celles de son exposition. Le contraire est l'augmentation (v. ce mot). Plus généralement, synonyme d'ornementation dans laquelle un motif mélodique est passagèrement décomposé en notes brèves. V. également ornements.
Dixtuor : composition conçue à l'intention de dix instruments, combinant le plus souvent cordes et vents. Formation retenue, dans ce Guide, comme maximale; parmi les Petites Symphonies de Darius Milhaud, la Quatrième est un dixtuor à cordes et la Cinquième un dixtuor à vents (v. ce compositeur).
Dodécaphonique : en rapport avec le système de composition créé et codifié par Arnold Schoenberg. Il repose sur le postulat de l'égalité absolue des douze sons (demi-tons) de l'échelle chromatique tempérée, - donc sur la négation de la hiérarchie entre les notes jusqu'alors admise. Les douze demi-tons se succèdent dans un ordre librement fixé à l'avance par le compositeur, et forment une « série » comme principe générateur de l'oeuvre.
Dominante : cinquième degré d'un ton donné, donc à la quinte de la tonique (v. ce mot) : par exemple, sol pour le ton d'ut majeur. Dans l'harmonie tonale classique, on a là un élément d'équilibre essentiel, - la dominante créant une instabilité, une tension que la tonique stable et statique peut seule résorber.
Double barre : double trait vertical traversant la ou les portées, et marquant la fin d'une oeuvre ou d'une de ses parties. V. également da capo.
Double corde : technique de jeu propre aux instruments à cordes et à archet consistant à exécuter deux ou plusieurs notes simultanément. On la prescrivit dès le xvie siècle pour la viole de gambe, et elle donna lieu, à partir du Romantisme, à de brillants effets de virtuosité (Paganini, par exemple).
Duo : composition pour deux parties mélodiques simultanées ou deux instruments différents; emprunte, le plus souvent, la forme sonate.
Duolet : division binaire d'une unité de temps en principe ternaire; v. également triolet.
Enharmonique (Par enharmonie) : procédé usité de modulation (v. ce mot) par lequel est momentanément établie l'équivalence, quant à la hauteur, de deux notes de noms différents mais de son identique (par exemple, fa dièse et soi bémol). Il est employé surtout pour atteindre rapidement des tons éloignés.
Entrée : désigne soit l'apparition d'un thème ou sujet (et parfois de ses imitations), soit l'intervention d'un instrument soliste. Dans la Suite classique, pièce tenant lieu d'introduction ou d'ouverture.
Flatterzunge : mot allemand. Sur les instruments à vent, articulation particulière de notes successives attaquées par la consonne d ou t, et poursuivie sur des r répétés (« trémolo dental », selon l'expression de Maurice Ravel). Effets divers, suivant l'instrument et les intentions du compositeur.
Flautato (ou flautando) : mot italien (« flûté »). Dans le jeu des instruments à cordes, précise que l'archet doit frotter les cordes sur la touche; il en résulte une sonorité proche de celle de la flûte.
Fugato : mot italien. Passage en style fugué, mais non astreint aux règles constitutives de la fugue; en général, une exposition de fugue, ou quelques entrées en imitation (v. ce mot).
Fugue : grande forme polyphonique faisant appel aux ressources du contrepoint dans le traitement des différentes « voix ». Schématiquement, les règles sont : un nombre constant de voix réelles et équivalentes; le monothématisme (un thème fugué - le sujet - fournit les éléments du développement complet); des entrées successives des voix selon les principes d'imitation (v. ce mot). Schématiquement aussi, la construction fait se succéder : la présentation du sujet, puis réponse dans une seconde voix doublée contrapuntiquement d'un contre-sujet (ensuite sujet à la troisième voix, et réponse à la quatrième); un développement avec les différentes voix en imitations et des épisodes contrapuntiques plus libres; enfin une conclusion - ou strette (v. ce mot) - par entrées de plus en plus serrées du sujet et du contre-sujet dans les différentes voix. Voir particulièrement, dans ce volume, l'Art de lafugue de J.-S. Bach, ainsi que la Grande Fugue op. 133 pour quatuor à cordes de Beethoven.
Glusto : abréviation de Tempo giusto (de l'italien, « juste »). Précise un mouvement modéré et régulier.
Glissando : mot italien (« en glissant »). Technique d'exécution consistant à réaliser un intervalle en glissant rapidement sur tous les degrés intermédiaires sans aucune accentuation. Au violon, rapide succession de très petits déplacements de la main gauche.
Gruppetto : mot italien. Petit groupe ornemental de trois ou quatre notes précédant ou suivant rapidement la note principale. V. également ornements.
Harmonique : relatif et conforme à l'ensemble des règles régissant la formation et l'enchaiinement des accords, - règles qui constituent une discipline fondamentale de la musique occidentale. L'harmonie, qu'on peut qualifier de «verticale», s'oppose à la mélodie dans son déroulement «horizontal ».
Hémiole : terme propre à la notation mensuraliste ancienne, mais qui s'est maintenu pour désigner l'insertion d'un rythme ternaire dans un binaire (ou vice versa). Il concerne donc le rapport 3/2 : deux mesures à trois temps sont jouées comme si elles étaient notées sous forme de trois mesures à deux temps.
Homophone : s'applique aux compositions dans lesquelles mélodie principale et autres par ties, simplement accompagnatrices, sont exécutées à l'unisson (ou à l'octave, ou à la double octave). Par extension, lorsque toutes les «voix» obéissent au même rythme (homorythmique).
Imitation : procédé courant de la composition polyphonique consistant dans la reproduction par une « voix » nouvelle d'une mélodie (ou d'un fragment mélodique) exposée par une « voix » antérieure. Il s'agit d'un des fondements du style contrapuntique (v. ce mot).
Intermédiaire : qualificatif appliqué aux parties situées entre la basse et la partie la plus aiguë. Elles sont dotées ou non d'une indivi. dualité mélodique, selon qu'elles appartiennent réellement à la polyphonie d'un morceau ou qu'elles ne constituent qu'un élément de son soutien harmonique.
Istesso tempo (l') : locution italienne («Ie même tempo, le même mouvement »). Lorsqu'il y a changement de la valeur nominale du temps, indique que sa valeur absolue ne change pas; autrement dit, la durée doit rester la même.
Legato : mot italien («Iié»). Précise le caractère d'une exécution sans interruption ni diminution du son entre les notes. Le legato s'oppose principalement au staccato (v. ce mot).
Lied (forme) : forme basée sur la succession de deux thèmes, en trois parties ABA (A comme exposition du premier thème, B comme partie médiane avec un second thème, et A comme réexposition du premier thème). L'expression « forme lied » s'applique parfois au mouvement lent d'une sonate, - constitué d'un thème principal très développé, avec insertion brève de la partie médiane. Cette forme peut admettre en outre des subdivisions internes, ou engendrer des variations.
Marche harmonique : répétition sur différents degrés de la gamme d'un même mouvement mélodique et de l'harmonie qui le soutient.
Martellato : mot italien (« martelé »). Désigne, dans le jeu du violon, un coup d'archet consistant à détacher chaque son par une attaque forte et un arrêt brusque de l'archet; c'est une réalisation renforcée du staccato (v. ce mot).
Médium du latin (« milieu »). Partie moyenne, ou registre intermédiaire entre le grave et l'aigu.
Mezza voce : locution italienne (« à demivoix »). Propre à la technique vocale, s'applique également aux instruments et signifie qu'il faut retenir le volume sonore sans aller toutefois jusqu'à la nuance piano. On utilise aussi sotto voce.
Modulation : passage d'une tonalité à une autre. On module par accord-pivot, par juxtaposition d'accords, par changement de mode, par enharmonie (v. ce mot).
Monodique : à une « voix », par opposition à polyphonique (v. ce mot).
Mouvement contraire : dans l'écriture polyphonique, « deux parties mélodiques simultanées procèdent par mouvement contraire lorsqu'à un intervalle ascendant de l'une correspond un intervalle descendant de l'autre, et vice versa » (in : Science de la Musique, Bordas, Paris, 1976).
Nonette : composition écrite pour neuf instruments, généralement en combinaison de cordes et de vents. Le mot nonet a également cours.
Nuance : spécifiquement, toute modification de l'intensité des sons ou des phrases dans le cours d'une exécution musicale (par exemple, crescendo ou decrescendo). Plus généralement, modification du phrasé, du mouvement, du toucher, - à des fins expressives.
Octuor : composition écrite pour huit instruments, ou la formation des instrumentistes ellemême. On emploie plus rarement Octette. Voir, dans ce volume, le cas intéressant des 14e et 15e Quatuors à cordes de Darius Milhaud susceptibles de se jouer en octuor.
Ornements (et ornementation) : dits également « agréments » et consistant, par l'ornement de brèves figures accessoires, à embellir ou varier une ligne mélodique. L'ornementa tion est l'art de disposer ces ornements : parmi ceux-ci, l'appogiature, l'arpègement, le gruppetto, le trille, etc. (v. ces mots).
Ostinato : mot italien. Équivalent de basse obstinée (v. ce mot), - forme de répétition continuelle, à la basse, d'une série de notes. Peut cependant s'appliquer à d'autres registres instrumentaux.
Passage : outre le sens courant, développement d'un motif de caractère virtuose et ornemental, - par exemple en arpèges.
Pédale : note tenue immuablement soit à la basse, soit à la partie supérieure, soit dans une partie intermédiaire, pendant que les autres parties enchalhent des accords plus ou moins fibres par rapport à elle. Le rôle harmonique de la pédale est d'exercer une attraction tonale par rapport aux harmonies étrangères qui l'entourent; elle affirme donc, en principe, la tonalité d'un morceau.
Pentatonique : s'applique à une échelle de cinq sons à l'octave. Dans un tel système musical, la forme la plus typique est celle de la gamme par tons entiers sans demi-tons intermédiaires, - dont maints compositeurs du xxe siècle (influences des folklores européens, des musiques orientales) ont fait usage.
Perpétuel (mouvement) : ou perpetuum mobile. Mouvement rapide et virtuose fondé, de façon ininterrompue et régulière, sur des notes de valeur brève et égale.
Pizzicato : locution italienne (« pincé»). Sur les instruments à archet, technique de jeu consistant à pincer les cordes avec les doigts; les sons émis doivent être brefs, nets, en principe de faible intensité.
Pointe - extrémité de l'archet, opposée au talon. Elle est employée dans l'exécution de sons légers et délicats, permettant un jeu net (v. également a punta d'arco).
Polyphonique : s'applique à une forme d'écriture dans laquelle se combinent plusieurs « voix » simultanées, et dotées chacune d'une plus ou moins grande indépendance mélodique et rythmique. Elles doivent néanmoins constituer un ensemble homogène.
Poussé : dans le jeu des instruments à archet, désigne le mouvement ascendant de l'archet de la pointe vers le talon; se prête particulièrement à la réalisation du staccato (v. ce mot).
Progression : synonyme de marche harmonique (v. ce mot).
Quatuor : composition écrite pour quatre instruments, ou le groupe des instrumentistes luimême. Le quatuor à cordes (deux violons, alto et violoncelle) relègue loin derrière lui toutes les autres dispositions, - dont notamment la combinaison piano et trio à cordes (violon, alto et violoncelle). Il y a également des mélanges divers d'instruments à vent - bois ou cuivres - et des dispositions pour vents et piano.
Quintette : composition écrite pour cinq instruments, ou le groupe formé par les instrumentistes. Il peut être une amplification du quatuor à cordes par l'adjonction d'un second alto (cas le plus fréquent) ou d'un second violoncelle. Le quintette avec piano (piano et quatuor à cordes) représente une combinaison usuelle dès l'époque romantique (v. le Quintette « la Truite » de Schubert, avec contrebasse mais sans second violon). Autres combinaisons : les vents seuls, vents et piano, clarinette et quatuor à cordes, etc.
Récitatif : employé par analogie avec un style de chant où courbe mélodique et rythme sont plus ou moins restreints à la prosodie du langage parlé; le récitatif est monodique (v. ce mot).
Récurrence : dans l'écriture contrapuntique (ou dans le système dodécaphonique), désigne la reprise en ordre inversé des notes d'un thème (ou d'une série). On parle aussi d'un procédé d'écriture « à l'écrevisse ».
Registre : partie de l'étendue totale (ou ambitus) présentant les mêmes caractéristiques de sonorité, - ainsi registres « grave », « moyen » (v. médium), « aigu » ou « suraigu ».
Relatif (ton) : s'applique pour désigner le rapport entre deux tons ayant la même armure (v. ce mot), mais dont l'un est majeur et l'autre mineur; par exemple, ré mineur relatif de fa majeur, avec tous deux un bémol à la clé.
Remplissage : ajout de notes intermédiaires (ou de parties intermédiaires) pour compléter les accords; seule la basse et le dessus sont écrits.
Renversement : interversion des rapports des sons dans un intervalle, un accord. Dans le renversement d'un motif, tous les intervalles ascendants de ce motif deviennent symétriquement descendants, et vice versa.
Rétrogradation synonyme de récurrence (v. ce mot).
Rondo (forme) mot italien. Forme musicale fondée sur l'alternance d'un refrain (motif principal) et de couplets (motifs secondaires). Au mouvement final de sonates, le couplet peut prendre de l'importance et faire office de second thème, - un tel rondo s'apparentant dès lors à la forme sonate elle-même (v. ce mot). Dans un tel cas, on emploie parfois l'expression « rondo-sonate ».
Rythme lombard : désigne un rythme dont la valeur brève tombe sur le temps et précède la valeur pointée, - donc à accent décalé; se rencontre fréquemment dans les musiques traditionnelles européennes dont ont pu s'inspirer maints compositeurs.
Saut : intervalle très disjoint (parfois supérieur à l'octave) dans la conduite d'une ligne mélodique.
Sautillé : « Coup d'archet exécuté rapidement sur une portion très réduite du milieu de l'archet. Par l'effet de sa propre élasticité et de la vitesse, l'archet rebondit légèrement sur la corde » (in Science de la Musique, Bordas, Paris, 1976).
Scordatura mot italien. Modification de l'accord courant d'une ou de plusieurs cordes d'un instrument; le nouvel accord est indiqué en début de morceau. Pratiquée depuis le xvi siècle dans la musique de luth, puis étendue à la famille des violons à partir du xviie siècle.
Septuor : composition écrite pour sept instruments, - soit combinant vents et cordes (disposition la plus fréquente), soit pour vents seuls. Le septuor à cordes seules est inexistant.
Séquence (et séquentiel) - dans son acception moderne, consiste dans la répétition d'un court membre de phrase mélodique sur divers degrés de l'échelle; dans l'ordre harmonique, ce type de répétition intéresse toutes les « voix » d'un passage polyphonique. V. également marche harmonique.
Sforzando (ou rinforzando) : locution italienne (« en forçant, ou renforçant »). Indique un brusque renforcement d'intensité sur une ou plusieurs notes (ou accords). Signe sfz.
Sixte napolitaine : terme d'harmonie (faussement attribué à l'École napolitaine du xviiie siècle). Il indique un abaissement du deuxième degré d'une tonalité, qui devient ainsi une espèce de sensible descendant vers la tonique et formant une sixte mineure avec le quatrième degré à la basse. Jusqu'au xviii, siècle, l'accord de sixte napolitaine ne fut généralement employé qu'en mineur avec résolution sur la dominante (v. ce mot), à des fins expressives d'assombrissement. Plus tard, son emploi s'enrichit considérablement : dès le xix, siècle il devint aussi courant en majeur qu'en mineur, la résolution perdant également de son automatisme.
Sonate (forme) : forme extrêmement élaborée de la musique occidentale. Elle s'est pleinement épanouie au xix, siècle sous l'aspect d'un mouvement comportant habituellement une exposition (deux thèmes souvent antagonistes), un développement (combinaisons de ces deux thèmes), une reprise ou réexposition, parfois enfin une coda (v. ce mot). En principe, l'Allegro initial est la forme sonate proprement dite, - on parle également d'« allegro de sonate »; mais, avec l'ensemble des mouvements qui lui succèdent, se trouve réalisée quelquefois une vaste forme sonate. Ce moule formel, ici très schématisé, évoluera notamment avec le principe de composition « cyclique ».
Sourdine : dispositif permettant de modifier acoustiquernent la sonorité d'un instrument en l'étouffant, ainsi que son timbre devenu voilé, mystérieux, comme distant. L'indication con sordino (« avec la sourdine ») signifie qu'il faut mettre la sourdine; elle est annulée par Senza sordino (« sans sourdine»).
Spiccato : mot italien («détaché»). Dans le jeu du violon, coup d'archet consistant à enlever et à poser l'archet sur la corde entre chaque note. Exécuté rapidement, c'est le sautillé (v. ce mot); reste opposé au legato (v. ce mot).
Staccato : mot italien (« séparé »). Exécution séparant nettement les notes les unes des autres, par un bref arrêt entre chacune. Mais, contrairement au spiccato (v. précédemment), l'archet ne quitte pas la corde. Joué lentement, le staccato tend à devenir un martellato (v. ce mot).
Strette : du lat. strictum, (« serré »). Partie finale d'une fugue, dans laquelle les entrées successives du sujet se font très rapprochées. Plus généralement, conclusion accélérée d'un mouvement.
Sul ponticello : locution italienne (« au chevalet »). Précise un coup d'archet dans lequel celui-ci doit toucher la corde le plus près possible du chevalet; ainsi est appauvri, en vue d'un effet particulier, le son fondamental de l'instrument.
Syncopé : son articulé sur un temps faible ou la partie faible d'un temps, et se prolongeant sur un temps fort ou la partie forte d'un temps ' Il en résulte un déplacement des valeurs rythmiques produisant un effet de rupture.
Tempo : mot italien. Désigne le degré de rapidité et la durée absolue des valeurs de notes dans l'exécution d'un morceau; se précise au moyen d'indications de mouvement (« Allegro », « Andante », « Largo », etc.), ou d'indications métronomiques.
Tessiture : de Pit. tessitura (« trame »). Sorte d'étendue moyenne dont les limites de hauteur sonore sont celles entre lesquelles l'instrument évolue le plus aisément; se distingue de l'ambitus (v. ce mot).
Tierce picarde : tierce apparaissant à la fin d'un morceau en mode mineur, et qu'on hausse en majeur. Cependant la tierce mineure terminale n'est pas en soi une « faute », et se trouve souvent utilisée à des fins d'expression.
Tiré : dans le jeu des instruments à archet, désigne le mouvement descendant de ce dernier du talon vers la pointe, - opposé au poussé (v. ce mot). Il est utilisé, en raison de sa vigueur, pour les temps forts, les accentuations, les accords.
Tonique : note qui donne son nom à la tonalité choisie. Elle en représente le pôle essentiel de stabilité, - en cela opposée à la dominante (v. ce mot).
Trait : formule de virtuosité, - gammes, arpèges, etc.
Trémolo : répétition rapide d'une même note, produisant un effet de tremblement. A distinguer du vibrato (v. ce mot).
Trille : agrément musical courant. Il consiste dans l'alternance plus ou moins véloce d'une note donnée avec sa note conjointe supérieure; c'est un élément de coloration de la sonorité instrumentale, en même temps parfois qu'un effet de virtuosité. V. également ornements.
Trio : composition écrite pour trois instruments ou trois parties simultanées, et le groupe d'instrumentistes correspondant. La Sonate en trio de l'âge baroque est son ancêtre, - avec deux dessus et une basse (deux violons et continuo) : c'est alors la forme la plus répandue de la musique de chambre. Mais d'autres dispositions apparaîtront, souvent interchangeables, - le groupement usuel classique devenant le trio avec piano (piano, violon et violoncelle). Trio à cordes (violon, alto et violoncelle) et trio d'anches (hautbois, clarinette et basson) seront les autres formations fréquentes, - la seconde illustrée surtout par les compositeurs contemporains.
Triolet : groupe de trois notes égales, ou division ternaire d'une figure de note. Dans une mesure binaire (à 2/4 par exemple), sa valeur équivaut celle de deux ou quatre notes.
Triton : intervalle de trois tons entiers (par exemplefa - si); c'est donc une quarte augmentée. La sonorité est tendue, conférant au triton une position exceptionnelle parmi tous les intervalles : au Moyen Age le triton fut interdit, car désigné comme « diabolus in musica »
Tutti : mot italien (« tous »). Indique tout passage exécuté par tous les instruments, - en opposition aux passages solistiques ou concertants ; désigne aussi la totalité de l'effectif instrumental jouant ensemble.
Unisono : mot italien (« à l'unisson »). Émission simultanée du même son par deux « voix» ou plus, soit à hauteur exactement identique, soit à distance d'une ou plusieurs octaves. V. également homophone.
Vibrato : mot italien (« en vibrant »). Désigne une légère ondulation de la hauteur d'un son, en vue d'une intensification. L'indication senza vibrato spécifie l'émission d'un son plat. Est à distinguer du trémolo (v. ce mot), avec lequel on le confond trop volontiers.
Lexique de la Musique Instrumentale
A CAPPELLA : Dans son acception actuelle, la plus large: sans accompagnement instrumental.
Accent: renforcement, régulier ou accidentel, de notes essentielles dans une phrase musicale.
Acciacature : de l'it. « acciacatura ». Ornement mélodique utilisé dans la musique de clavecin : frappement simultané d'une note principale et de sa seconde mineure inférieure, la note principale restant seule tenue. Produit un léger effet de dissonance.
Accident : signe d'altération affectant la note seule devant laquelle il est placé, et pour une mesure seulement.
Accord : émission simultanée de trois sons au minimum. Dans l'harmonie classique, l'accord est défini comme une superposition de tierces ; l'émission de deux sons seulement forme un intervalle, et non un accord.
Accouplement: au clavecin (comme à l'orgue), système mécanique permettant de faire sonner simultanément différents jeux sur plusieurs claviers ; on parle donc d' « accouplement » des claviers entre eux.
Agogique : néologisme (d'après l'all. « Agogik »). Dsigne les légères modifications ou fluctuations de tempo apportées à la stricte notation musicale pour satisfaire aux nécessités de l'expression, voire au caractère d'une phrase musicale (par exemple le rubato). Par extension, s'applique à « la théorie du mouvement dans l'exécution musicale ».
Agrément : formule d'ornementation introduite dans la musique occidentale au xviie siècle. Indiqué sous forme abrégée, l'agrément s'ajoute à la note écrite qu'il orne d'une petite figuration mélodique.
Alla brave: locution italienne appliquée à la mesure à C barré (2/2), dans laquelle l'unité de temps est la blanche.
Ambitus : synonyme d'étendue, - de la note la plus grave à la note la plus élevée; à distinguer de tessiture (v. ce mot).
Anacrouse : note(s) initiale(s) d'un morceau extérieure(s) au premier temps fort de la mesure. S'applique également à toute note qui, au cours du morceau, forme, avec une valeur plus accentuée lui faisant suite, un motif rythmique continu.
Antécédent : synonyme de « sujet » dans une fugue ou un canon; ou, dans une phrase mélodique, première période à caractère suspensif, à laquelle répond une période dite conséquent.
Appog(g)iature : de l'it. « appoggiare ». Son dissonant étranger à l'accord avec lequel il résonne (un demi-ton au-dessus ou au-dessous), qui précède et prend momentanément la place de la note réelle de cet accord. C'est un accent expressif se jouant de façon plus « appuyée » que cette note réelle.
Armure (ou Armature) : ensemble des accidents placés en tête de chaque portée après la clé. Ils désignent ainsi toutes les notes altérées constitutives de la tonalité choisie.
Arpège (ou Arpègernent) : terme issu du jeu de la harpe. Exécution successive, mais rapprochée, des notes d'un accord du grave à l'aigu (ou inversement); l'arpège est « brisé » lorsque les notes ne sont pas émises dans l'ordre normal.
Augmentation : dans son sens strict, prolongation de la durée d'une note par l'adjonction de la moitié de sa valeur (v. également Notepointée). Dans les pièces de style contrapuntique (v. ce mot), il s'agit de la répétition en valeurs plus longues d'un thème ou d'un motif : cas fréquent de la fugue, dont le sujet est repris en augmentation.
Basse - partie servant de base à l'enchaînement des accords, c'est-à-dire à l'harmonie d'une oeuvre musicale. Également registre grave du clavier.
Basse continue : système de notation, dite « basse chiffrée », employé aux xviie et xviiie siècles et permettant aux clavecinistes (comme aux organistes) de réaliser sur une note de basse donnée la suite d'accords destinés à soutenir harmoniquement une composition.
Basse d'Alberti : formule d'accompagner~ent en accords brisés répétés pendant plusieurs mesures.
Basse obstinée : formule de basse em)yée dans certains types de composition (chaconne, passacaille), et consistant dans la répétition continuelle d'une série de notes.
Battement : formule ornementale utilisée dans l'ancienne musique de clavier, consistant dans l'alternance continue de deux sons conjoints (note principale et seconde inférieure). Au sens moderne, plus extensif, alternance de deux notes à divers intervalles.
Batterie : formule d'accompagnement: soit en accords arpégés, soit en accords brisés (v. Basse dAlberti). Brisé : qualificatif caractérisant un style mis en valeur par les virginalistes et clavecinistes jusqu'au xviiie siècle. La technique de jeu consistait dans l'exécution d'accords présentés sous la forme d'arpèges ou de batteries (v. ces mots), et exigeait une très grande virtuosité.
BATTUTA : locution italienne. Indique le retour à une battue de mesure stricte et régulière, après un passage laissé « ad libitum » (ou « a piacere »).
Cadence (ou Cadenza) : phrase conclusive, ou formule mélodique, voire harmonique, terminant une phrase musicale. Par extension, improvisation généralement virtuose placée en principe avant la fin d'un mouvement. Au xviiie siècle, équivalent de trille (v. ce mot).
Cadence plagale : relève d'une classification de l'harmonie traditionnelle selon laquelle la cadence plagale - qui est courante - correspond à un enchaînement de la sous-dominante à la tonique (v. ce mot). On distingue aussi les cadences parfaites (de la dominante à la tonique), imparfaites, rompues, etc. La cadence parfaite est nettement conclusive ; la cadence plagale l'est de façon moins affirmative.
Canonique : se rapporte au canon, type d'écriture contrapuntique (v. ce mot) dans lequel les « voix » énoncent le même motif, mélodique et souvent rythmique, mais décalées les unes par rapport aux autres, - à des distances variables et à des hauteurs différentes.
CANTUS FIRMUS: au sens large, donnée mélodique principale d'une polyphonie lui servant de point de départ et de développement. Dans un sens plus strict, mélodie indépendante en valeurs longues, souvent égales, dominant toute la composition polyphonique (v. ce mot).
Cantabile : mot italien. Par analogie avec la musique vocale, désigne une pièce ou un passage dont le caractère mélodique « chantant » est mis en relief.
Carrure : construction symétrique partageant la phrase musicale en fragments d'égale durée (par groupes de deux,. de quatre, de huit mesures, etc.), et ponctués par un repos, une cadence, ou toute autre formule.
Chromatique : faisant l'emploi d'une succession d'altérations des degrés de l'échelle fondamentale (un demi-ton vers le grave ou vers l'aigu). La gamme chromatique fait se succéder douze demitons diatoniques (v. ce mot) et chromatiques à l'octave.
Clavecin (caractéristiques techniques) : se compose d'une caisse montée sur pieds affectant approximativement la forme d'une aile d'oiseau (d'où l'all. « Flügel »); dans ses plus vastes dimensions, cette caisse atteint 2,30 ni de long et 0,90 m de large. Les cordes métalliques ou filées, parallèles au grand côté et de longueurs dégressives, sont tendues sur deux chevalets et fixées à des chevilles ces chevilles sont fichées dans le sommier, sur lequel est collé le premier chevalet les vibrations des cordes sont transmises par le second chevalet à la table d'harmonie, percée d'une rosace. L'espace entre sommier et table d'harmonie est occupé par les « registres » où se trouve mis en oeuvre le mécanisme pincé de l'instrument (« sautereaux ») : lorsqu'une touche est appuyée, un bec de cuir situé dans chaque sautereau, et qui fait office de plectre, griffe une corde en passant; un dispositif ingénieux permet au bec de ne pas accrocher de nouveau la corde lorsque le sautereau retombe. Chaque touche peut actionner un ou plusieurs sautereaux correspondant aux différents « jeux » : ces jeux permettent des différenciations de timbre, et son désignés par analogie avec ceux de l'orgue ; un jeu très remarquable est le « jeu de luth » qui a équipé les instruments classiques, - avec sa sonorité aigrelette et son timbre voilé. Au XVIle siècle, le clavier comporte généralement quarante-neuf touches correspondant à une étendue de quatre octaves et demie, à l'imitation de l'orgue également, on construit des instruments à deux claviers qui peuvent s'accoupler ; deux claviers, parfois trois, offrent un plus grand choix de sonorités : le claveciniste peut sélectionner des jeux différents pour chaque clavier. Le grand clavecin Pleyel actuel comprend deux claviers de soixante et une touches chacun , sept pédales permettent d'introduire ou de supprimer les divers jeux, ou d'accoupler les deux claviers.
Clavicorde (caractéristiques techniques) sa première description date de la fin du xve siècle; peu à peu agrandi et perfectionné, l'instrument a subsisté jusqu'au début du xixe siècle, en raison notamment de sa valeur pédagogique. Son mécanisme ne peut être confondu avec celui du piano : les cordes sont parallèles au clavier, donc perpendiculaires aux touches. De longueurs presque identiques mais diversement accordées, elles sont tendues au-dessus d'une caisse rectangulaire oblongue, et heurtées selon un dispositif à « tangentes ». Ces tangentes frappent en des points déterminés de division des cordes; on tire donc d'une même corde plusieurs sons de hauteurs différentes. Il y eut des cordes simples, puis doubles et triples : le plus ancien clavicorde conservé est doté d'un clavier de quarante-cinq touches, pour vingt-deux doubles cordes. Dans les premiers temps de son développement, l'instrument se posa sur une table; au début du xviiie siècle, il évolua vers des dimensions plus importantes et fut monté sur pieds ; il n'y eut plus qu'une tangente par corde, donc une touche par corde. Ce fut le clavicorde « libre », sur lequel tous les accords et ornements rapides devinrent possibles ; l'étendue atteignit cinq, parfois six octaves. La sonorité, malgré sa discrétion, fut richement expressive, - avec une sorte de vibrato dû au contact prolongé des tangentes avec les cordes. Au milieu du XVIIIe siècle, le clavicorde coexista sans conteste avec le clavecin et le piano-forte : Hadyn et Mozart ont possédé chacun le sien.
Clavier : du lat. « clavis », clé. Dispositif réunissant les touches d'instruments tels que l'orgue, le clavecin, le piano; sous la pression des doigts, ces touches commandent le mécanisme producteur du son. Dans l'histoire de la facture européenne, différents types de clavier ont été expérimentés, en particulier au piano (claviers en arc, claviers renversés). D'autre part, un même instrument peut comporter plusieurs claviers : clavecins à deux ou trois claviers , on a même construit des pianos à six claviers superposés.
CLUSTER: mot anglais. Agrégat sonore superposant le plus généralement des demi-tons et quarts de ton, comme s'il s'agissait d'une seule et même note. Entre l'accord et le bruit, c'est un effet recherché dans l'écriture orchestrale depuis les années 1950, - alors qu'il était déjà exploité au piano depuis plus d'un quart de siècle.
CODA: mot italien (= queue). Employé, très généralement, comme synonyme de conclusion, de péroraison.
COL LEGNO : locution italienne (= avec le bois). Sur les instruments à archet, consiste à utiliser la baguette de celui-ci (et non les crins), en frappant légèrement les cordes ou en les frottant. V. aussi Sul ponticello.
CONCERTO: mot italien (du latin « concertare » = lutter, rivaliser). De l'histoire de cette forme majeure de la musique occidentale, nous ne présentons qu'un très bref aperçu : le terme, apparu en Italie au XVIe siècle, désigna des pièces vocales principalement religieuses, - avec accompagnement d'orchestre ou d'orgue. L'époque baroque vit naître deux types de concerto: le concerto grosso groupant plusieurs solistes (concertino) opposés à l'ensemble instrumental (ripieno), et le concerto pour un seul soliste opposé à l'orchestre. C'est ce dernier qui, évoluant largement, connaîtra les plus belles heures de gloire, - avec, en particulier, sa répartition formelle tripartite (allegro-adagio-allegro), et ses exigences, pour le soliste, à la fois d'expression et de virtuosité (par exemple, Beethoven d'une part, et Paganini de l'autre). De nos jours, le concerto - quoique souvent bousculé dans sa répartition et dans ses équilibres - conserve tout son prestige auprès des compositeurs (v. Dutilleux, ou Henze).
Conséquent: v. Antécédent.
Continuo : abréviation pour Basse continue (V. ce mot).
Contrapuntique : respectant les règles du contrepoint, - discipline essentielle de la composition dans la musique occidentale. Tandis que l'harmonie, autre discipline fondamentale, s'intéresse à l'enchaînement des accords, le contrepoint envisage la conduite de deux ou plusieurs lignes mélodiques indépendantes et simultanées à partir d'un thème donné (v. également Harmonique).
Coulé - agrément employé par les clavecinistes français des xviie et xviiie siècles, consistant dans la succession rapide, à intervalle de tierce ascendante ou descendante, de deux notes diatoniques précédant la note principale; peut être considéré comme une appoggiature double (v. ce mot). S'applique aussi à la liaison de deux notes dont la première est plus accentuée que la seconde.
Croisement: s'applique, dans le jeu des instruments à clavier, à l'interversion de la position normale des mains, - à des fins expressives le plus généralement.
CONTRE-CHANT: « ligne mélodique secondaire (ou second thème) opposée ou associée à la ligne mélodique principale (ou thème) » (Science de la Musique, Bordas, Paris 1976).
Da capo : locution italienne (« du commencement »). Indication de reprise d'un morceau à son début (jusqu'à l'endroit marqué « Fine »). La forme Da capo peut être schématisée par A B A : après la partie centrale B, reprise de la partie A formant conclusion.
Développement : désigne, très généralement, toute la partie d'une composition musicale dans laquelle les « idées » sont « travaillées » après leur exposition (v. ce mot). Thèmes, motifs mélodiques ou rythmiques sont modifiés, amplifiés ou morcelés suivant des procédés d'élaboration extrêmement variés (rythme, harmonie, dynamique, mesure, tempo, etc.). Dans la forme sonate (v. ce mot), le développement est la partie médiane entre exposition et réexposition.
Diatonique : faisant l'emploi des intervalles normaux de la gamme par tons et demi-tons (ces derniers ne se succédant jamais immédiatement). Il y a donc diatonisme quand n'apparaît pas plus d'un demi-ton de suite dans la succession des degrés de l'échelle; sinon, v. Chromatique.
Diminution : dans une pièce de style contrapuntique (v. ce mot), procédé de présentation du thème en valeurs moindres 1~ que celles de son exposition. Le contraire est l'augmentation (v. ce mot). Plus généralement, synonyme d'ornementation dans laquelle un motif mélodique est passagèrement décomposé en notes brèves. V. également Ornements.
Dodécaphonique : en rapport avec le système de composition créé et codifié par Arnold Schônberg. Il repose sur le postulat de l'égalité absolue des douze sons (demitons) de l'échelle chromatique tempérée, donc sur la négation de la hiérarchie entre les notes jusqu'alors admise. Les douze demitons se succèdent dans un ordre librement fixé à l'avance par le compositeur, et formant une « série » comme principe générateur de l'oeuvre.
Doigté : procédé consistant à préciser le rôle des doigts dans une exécution musicale, en faisant figurer des indications chiffrées sur la partition.
Doigté lié : dit également « de substitution ». Technique de jeu employée au piano, qui permet de changer de doigts sur une même touche du clavier sans lâcher celle-ci.
Dominante : cinquième degré d'un ton donné, donc à la quinte de la tonique (v. ce mot) : par exemple sol pour le ton d'ut majeur. Dans l'harmonie tonale classique, on a là un élément d'équilibre essentiel, - la dominante créant une instabilité, une tension que la tonique, stable et statique, peut seule résorber.
Double barre : double trait vertical traversant la ou les portées, et marquant la fin d'une oeuvre ou d'une de ses parties; v. également Da capo.
Duolet: division binaire d'une unité de temps en principe ternaire; v. également Triolet.
Enharmonique (Par enharmonie) : procédé usité de modulation (v. ce mot) par lequel est momentanément établie l'équivalence, quant à la hauteur, de deux notes de noms différents mais de son identique (par exemple fa dièse et sol bémol). Il est employé surtout pour atteindre rapidement des tons éloignés.
Épinette (caractéristiques techniques) : très répandue aux xviie et xviiie siècles, l'épinette (de l'italien « spinetta » et, suppose-t-on, d'après le nom du facteur vénitien Spinetti) fut un instrument proche du clavecin et fonctionnant suivant un principe identique (cordes pincées par des sautereaux); mais il s'en distingua par la disposition des cordes, perpendiculaires ou obliques par rapport aux touches du clavier (et non parallèles comme dans le clavecin). La caisse de résonance était rectangulaire, parfois pentagonale ou à côte courbe. En général, l'épinette fut plus petite que le clavecin, portative, à un seul jeu de cordes, et couvrant une étendue de quatre octaves et demie. Le jeu en était difficile (inégale résistance de note à note), mais la sonorité douce, un peu aigrelette, néanmoins fort agréable.
Étendue : v. Ambitus.
Exposition . partie initiale d'une composition de style fugué ou de forme sonate. Dans la fugue (v. ce mot), présentation du sujet et de la réponse ; dans la forme sonate (v. ce mot), présentation du thème principal et du second thème. Par extension, présentation du « matériau » thématique d'une oeuvre ; lui fait suite, exploitant ce matériau, le développement (v. ce mot).
Forme lied : v . Lied.
Forme rondo : v. Rondo.
Forme sonate : v . Sonate.
Fugato : mot italien. Passage en style fugué, mais non astreint aux règles constitutives de la fugue : en général, une exposition de fugue, ou quelques entrées en imitation (v. ce mot).
Fugue : grande forme polyphonique faisant appel aux ressources du contrepoint dans le traitement des différentes « voix ». Schématiquement, les règles sont : un nombre constant de voix réelles et équivalentes; le monothématisme (un thème fugué - le sujet - fournit les éléments du développement complet); des entrées successives des voix selon les principes d'imitation (v. ce mot). Schématiquement aussi, la construction fait se succéder : la présentation du sujet, puis réponse dans une seconde voix doublée contrapuntiquement d'un contre-sujet (ensuite sujet à la troisième voix, et réponse à la quatrième); un développement avec les différentes voix en imitations et des épisodes contrapuntiques plus libres; enfin une conclusion - ou strette (v. ce mot) - par entrées de plus en plus serrées du sujet et du contre-sujet dans les différentes voix.
Glissando: mot italien (« en glissant »). Technique d'exécution consistant à réaliser un intervalle en glissant rapidement sur tous les degrés intermédiaires, sans aucune accentuation. Le ou les doigts - l'ongle sur le clavier - effleurent simplement les touches correspondantes du clavier.
Gruppetto : mot italien. Petit groupe ornemental de trois ou quatre notes précédant ou suivant rapidement la note principale. V. également Ornements.
Harmonique : relatif et conforme à l'ensemble des règles régissant la formation et l'enchaînement des accords, - règles qui constituent une discipline fondamentale de la musique occidentale. L'harmonie, qu'on peut qualifier de « verticale », s'oppose à la mélodie dans son déroulement « horizontal ».
Homophone: s'applique aux compositions dans lesquelles mélodie principale et autres parties, simplement accompagnatrices, sont exécutées à l'unisson (ou à l'octave, ou à la double octave). Par extension, lorsque toutes les « voix » obéissent au même rythme (homorythmie),
Imitation : procédé courant de composition polyphonique consistant dans la reproduction par une « voix » nouvelle d'une mélodie (ou d'un fragment mélodique) exposée par une « voix » antérieure. Il s'agit d'un des fondements du style contrapuntique (v. ce mot).
INCIPIT. mot latin (- commence). S'applique, couramment, au début d'une phrase musicale.
INTRADA: mot italien. Équivalent d' « entrée », - pièce introductive d'une suite instrumentale. Dans un 'morceau contrapuntique (v. ce mot), première intervention d'une « voix » déterminée.
Intermédiaire : qualificatif appliqué aux parties situées entre la basse et la partie la plus aiguë; elles sont dotées ou non d'une individualité mélodique, - selon qu'elles appartiennent réellement à la polyphonie d'un morceau ou qu'elles ne constituent qu'un élément de son soutien harmonique.
Legato : mot italien (« lié »). Précise le caractère d'une exécution sans interruption ni diminution du son entre les notes ; sur les instruments à clavier, s'effectue en maintenant la touche enfoncée jusqu'à l'attaque de la note suivante. Le legato s'oppose principalement au staccato (v. ce mot).
Lied (forme) : forme basée sur la succession de deux thèmes, en trois parties A B A (A comme exposition du premier thème, B comme partie médiane avec un second thème, et A comme réexposition du premier thème). L'expression « forme lied » s'applique parfois au mouvement lent d'une sonate, - formé d'un thème principal très développé, avec insertion brève de la partie médiane. Cette forme peut admettre en outre des subdivisions internes, ou engendrer des variations.
Marche harmonique : répétition sur différents degrés de la gamme d'un même mouvement mélodique et de l'harmonie qui le soutient.
Martellato : mot italien (« martelé »). Indique, au piano, que les doigts doivent agir comme des marteaux, - en particulier dans l'exécution de successions d'octaves.
Médium : du lat. (« milieu »). Registre intermédiaire entre le grave et l'aigu.
Modulation : passage d'une tonalité à une autre. On module par accord-pivot, par juxtaposition d'accords, par changement de mode, par enharmonie (v. ce mot).
Monodique : à une « voix », par opposition à polyphonique (v. ce mot).
Mordant: agrément fréquemment utilisé dans la musique de clavier ancienne, en particulier par les clavecinistes français et allemands des xvile et xville siècles. Il consiste en un ou plusieurs battements faisant alterner une note principale, la note immédiatement inférieure, pour s'achever sur la note principale, - le tout exécuté plus ou moins rapidement.
Nuance : spécifiquement, toute modification de l'intensité des sons ou des phrases dans le cours d'une exécution musicale (par exemple, crescendo ou decrescendo). Plus généralement, modification du phrasé, du mouvement, du toucher, - à des f ins expressives.
Opus: du lat. (« oeuvre »), couramment abrégé op. Terme permettant de repérer la situation chronologique d'une oeuvre donnée, en général suivant l'ordre de publication (et non de composition). Mais d'autres termes (et abréviations) de classification peuvent intervenir, - portant normalement le nom du musicologue qui a dressé tel ou tel catalogue, pour tel ou tel compositeur (par exemple, Kôchel - abréviation K pour les oeuvres de Mozart).
Ordre : synonyme de « suite » dans la terminologie des clavecinistes français du xviiie siècle, - avec, cependant, un nombre de pièces souvent plus important et disposé plus librement (v., en particulier, François Couperin).
Ornements (et Ornementation) : dits également « agréments » et consistant, par l'ornement de brèves figures accessoires, à embellir ou varier une ligne mélodique. L'ornementation est l'art de disposer ces ornements : parmi ceux-ci, l'appoggiature ' l'arpègement, le gruppetto, le trille, etc. (v. ces mots).
Ostinato : mot italien. Équivalent de basse obstinée (v. ce mot), - formule de répétition continuelle, à la basse, d'une série de notes. Peut cependant s'appliquer à d'autres registres du clavier.
Passage : développement d'un motif de caractère virtuose et ornemental, - par exemple en arpèges.
Pédale : note tenue immuablement. soit à la basse, soit à la partie supérieure, soit dans une partie intermédiaire, pendant que les autres parties enchaînent des accords plus ou moins libres par rapport à elle. Le rôle harmonique de la pédale est d'exercer une attraction tonale par rapport aux harmonies étrangères qui l'entourent; elle affirme donc la tonalité d'un morceau. Au clavecin, mécanisme permettant l'accouplement (v. ce mot), et, sur le piano, de modifier la sonorité (v. Piano).
Pentatonique: s'applique à une échelle de cinq sons à l'octave. Dans un tel système musical, la forme la plus typique est celle de la gamme par tons entiers sans demitons intermédiaires, - dont maints compositeurs du xxe siècle (influences des folklores européens, des musiques orientales) ont fait usage.
Perpétuel (mouvement) : ou « Perpetuum mobile ». Mouvement rapide et virtuose fondé, de façon ininterrompue et régulière, sur des notes de valeur brève et égale.
Phrasé : ponctuation du texte musical consistant à respecter un certain nombre de signes suggérés ou imposés par le compositeur, ou par le caractère de la pièce exécutée (divisions en périodes et phrases, suspensions, repos, enchaînements).
Piano (caractéristiques techniques) : le piano à queue moderne - dit « piano de concert » - se compose pour l'essentiel d'une table d'harmonie montée sur une charpente appelée barrage, et que surplombent les cordes ; celles-ci sont mises en vibration par des marteaux que commandent les touches du clavier : ce dispositif constitue la « mécanique » proprement dite de l'instrument; on fait intervenir enfin des pédales qui modifient l'impact des marteaux sur les cordes. Ce « grand queue de concert » mesure généralement entre 2,50 ni et 2,75 ni de long. Pour entrer dans quelque détail, indiquons que c'est la table d'harmonie qui assure la résonance des cordes,'celles-ci étant fixées à deux sommiers (aujourd'hui remplacés par un cadre métallique d'une seule pièce). Les deux cent vingt-quatre cordes sont tendues sur un chevalet placé sur la table : elles sont triples et en fonte d'acier, excepté dans le grave (cordes simples ou doubles, et filées de cuivre). Le clavier comporte quatrevingt-huit touches, dont chacune coin- mande un marteau et, simultanément, un étouffoir par l'intermédiaire d'un assemblage assez compliqué de pièces fixes et mobiles : celles-ci assurent, avec l'aide d'échappements (v. ci-après Piano-forte), des mouvements de percussion aux marteaux, et des mouvements de déplacement aux étouffoirs qui laissent plus ou moins vibrer les cordes percutées. Les deux pédales, enfin, assument des fonctions différentes : celle de gauche (pédale « douce ») diminue et adoucit le son-, celle de droite (pédale « forte ») augmente la durée de résonance des cordes frappées en éloignant tous les étouffoirs ; en outre, plusieurs autres cordes vibrent par sympathie. Certains pianos à queue comportent d'autre part, une troisième pédale, dite « tonale » ou « de prolongation », permettant à l'exécutant de prolonger à volonté un ou plusieurs sons, un accord par exemple, à l'exclusion de tous les autres. L'étendue du piano moderne est de sept octaves un quart (du la -2 à l'ut 7), la plus vaste après celle de l'orgue ; il exista des pianos à huit octaves au siècle dernier.
Piano-forte (caractéristiques techniques) en 1698, l'Italien Cristofori construisit le premier « gravicembalo col piano e forte », - pour jouer « piano » et « forte ». Ce piano-forte adopta la forme du clavecin, conservée avec le piano à queue, son futur successeur; et d'emblée l'instrument fut pourvu des principaux organes de sa mécanique moderne : en particulier, substitution au sautereau du clavecin d'un petit marteau frappant la corde, et double système d'échappement et d'étouffoir (qui, simultanément, déclenche la poussée du marteau contre la corde et permet à celle-ci de vibrer librement) ; le clavier comportait cinq octaves. La souveraineté du piano-forte fut fortement combattue par celle du clavecin, - qui dut cependant capituler devant les perfectionnements du piano dès la fin du XVIIIe siècle. Le regain de faveur dont jouit aujourd'hui le piano-forte, par exemple dans l'interprétation de Mozart, ne peut trop faire illusion : le piano moderne a conquis ses lettres de noblesse au xixe siècle, et nous a accoutumés à ses irremplaçables sonorités.
Pizzicato : mot italien (« pincé »). Au clavier, technique imitative de celle consistant à pincer les cordes avec les doigts sur les instruments à archet; les sons émis doivent être brefs, nets, et de faible intensité.
Plaqué : dans le jeu des instruments à clavier procédé consistant à « faire entendre en ;iiême temps et avec force toutes les notes d'un accord » (Marc Honegger). Le contraire du plaqué est l'arpège (v. ce mot).
Point d'orgue : prolongation de la durée d'une note ou d'un silence (point d'arrêt) au-delà de sa valeur réelle, pour une durée indéterminée.
Pointée (note) : note prolongée de la moitié de sa valeur.
Polyphonique : s'applique à une forme d'écriture dans laquelle se combinent plusieurs « voix » simultanées, et dotées chacune d'une plus ou moins grande indépendance mélodique et rythmique; elles doivent néanmoins constituer un ensemble homogène.
Polytonal : s'emploie lorsque sont superposées plusieurs tonalités différentes entendues simultanément. Mais bitonalquand ne sont superposées que deux tonalités, - ce qui représente la forme la plus simple de polytonalité.
Progression : synonyme de marche harmonique (v. ce mot).
Récitatif : employé par analogie avec un style de chant où courbe mélodique et rythme sont plus ou moins restreints à la prosodie du langage parlé ; le récitatif est monodique (v. ce mot).
Récurrence : dans l'écriture contrapuntique (ou dans le système dodécaphonique), désigne la reprise en ordre inversé des notes d'un thème (ou d'une série). On parle aussi d'un procédé d'écriture « à l'écrevisse ».
Registre : partie de l'étendue totale (ou ambitus) présentant les mêmes caractéristiques de sonorité, - ainsi registres « grave », « moyen » (v. médium), « aigu » ou « suraigu ». Le mot s'applique également au clavecin, pour désigner la commande des différents jeux.
Relatif (ton) : s'applique pour désigner le rapport entre deux tons ayant la même armure (v. ce mot), mais dont l'un est majeur* et l'autre mineur; par exemple ré mineur relatif de fa majeur, avec tous deux un bémol à la clé.
Renversement : interversion des rapports des sons dans un intervalle, un accord. Dans le renversement d'un motif, tous les intervalles ascendants de ce motif deviennent symétriquement descendants, et vice versa.
Reprise : répétition d'une partie d'une oeuvre musicale, - par exemple, dans une sonate, de l'exposition (première partie). Signe indiquant le début et la fin du passage qui doit être repris (v. également Da capo et Double barre).
Résolution : enchaînement d'un son, d'un intervalle ou d'un accord dissonant vers un autre son, intervalle ou accord consonant par un mouvement de seconde majeure ou mineure (ou de demi-ton chromatique). La résolution diminue la tension créée par la dissonance, et donne une impression d'équilibre harmonique.
Rétrogradation synonyme de récurrence (v. ce mot).
Rondo (forme) mot italien. Forme musicale fondée sur l'alternance d'un refrain (motif principal) et de couplets (motifs secondaires). Au mouvement final de sonates, le couplet peut prendre de l'importance et faire office de second thème, - un tel rondo s'apparentant dès lors à la forme sonate elle-même (v. ce mot).
Rubato (tempo) de l'italien (« temps volé »). Indication d'expression accordant quelque liberté pour accélérer ou ralentir (accelerando ou ritardando) certaines notes : de la mélodie. Cet assouplissement des rigueurs de la mesure doit se garder de tout excès.
Série : v. Dodécaphonique.
Sonate (forme) : forme extrêmement élaborée de la musique occidentale. Elle s'est pleinement épanouie au xixe siècle sous l'aspect d'un mouvement comportant habituellement une exposition (mise en oeuvre du bithématisme), un développement (combinaisons de ces deux thèmes), une réexposition, et parfois aussi une coda (v. ce mot). En principe, l'Allegro initial est la forme sonate proprement dite, - on parle également d'Allegro de sonate; mais, avec l'ensemble des mouvements qui lui succèdent, se trouve réalisée parfois une vaste forme sonate. Ce moule formel évoluera notamment avec le principe de composition « cyclique » : voir, en particulier, Sonate en si mineur de Liszt.
Sotto voce : locution italienne (« sous la voix »). « Indication d'exécution réclamant une émission et une expression retenues, sans aller toutefois jusqu'au piano » (Marc Honegger).
Staccato: mot italien (« détaché »). Exécution séparant nettement les notes les unes des autres; joué lentement, le staccato tend à devenir un martellato (v. ce mot).
Strette : du lat. stricturn (« serré »). Partie finale d'une fugue, dans laquelle les entrées successives du sujet se font très rapprochées. Plus généralement, conclusion accélérée d'un mouvement.
Syncopé - son articulé sur un temps faible ou la partie faible d'un temps, et se prolongeant sur un temps fort ou la partie forte d'un temps. Il en résulte un déplacement des valeurs rythmiques produisant un effet de rupture.
Tempo : mot italien. Désigne le degré de rapidité et la durée absolue des valeurs de notes dans l'exécution d'un morceau ; se précise au moyen d'indications de mouvement (Allegro, Andante, Largo, etc.), ou d'indications métronomiques.
Terminaison : notes ornementales terminant un trille, ou tout autre ornement placé à la fin de la durée d'une note.
Tessiture : de l'it. tessitura (« trame »). Sorte d'étendue moyenne dont les liraires de hauteur sonore sont celles entre lesquelles l'instrument évolue le plus aisément, se distingue de l'ambitus (v. ce mot).
Tierce picarde : tierce apparaissant à la fin d'un morceau en mode mineur, et qu'on hausse en majeur. Cependant la tierce mineure terminale n'est pas en soi une « faute », et peut être conservée à des fins d'expression.
Timbrique : relatif au timbre, - qui détermine une qualité spécifique du son musical indépendamment de sa hauteur et de son intensité.
Tonique : note qui donne son nom à la tonalité choisie. Elle en représente le pôle essentiel de stabilité, - en cela opposée à la dominante (v. ce mot).
Toucher: désigne la manière de frapper les touches. Particulièrement subtil au piano, le toucher conditionne l'articulation des sons et joue un rôle prépondérant par sa qualité et par sa diversité - dans l'expression musicale, au même titre que le phrasé (v. ce mot). Il est de moindre importance au clavecin, dont le jeu exige surtout des attaques précises.
Trait : formule de virtuosité, - gammes, arpèges, etc.
Trémolo : répétition rapide d'une même note, produisant un effet de tremblement. Dans la musique de piano, est également le battement rapide d'une note avec l'octave, la tierce ou la quinte, supérieures ou inférieures.
Trille : agrément musical courant. Il consiste dans l'alternance plus ou moins rapide d'une note donnée avec sa note conjointe supérieure; c'est un élément de coloration de la sonorité instrumentale, en même tempis qu'un effet de virtuosité. V. également Ornements.
Triolet : groupe de trois notes égales, ou division ternaire d'une figure de note. Dans une mesure binaire (à 2/4 par exemple), sa valeur équivaut celle de deux ou quatre notes.
Triton : intervalle de trois tons entiers (par exemple fa - si), c'est donc une quarte augmentée. La sonorité est tendue, conférant au triton une position exceptionnelle parmi tous les intervalles : au Moyen Age le triton fut interdit, car désigné comme « diabolus in musica ».
Unisono: mot italien (« à l'unisson »). Émission simultanée du même son par deux « voix », - soit à hauteur exactement identique, soit à distance d'une ou plusieurs octaves. N. également Homophone.
Virginal : (caractéristiques techniques) cette variété d'épinette (v. ce mot) fut particulièrement prisée en Angleterre aux xvie et xviie siècles; les « virginalistes » - voir, dans ce volume, à Byrd, Farnaby ou Gibbons - furent des compositeurs qui écrivirent indifféremment pour le clavecin et pour cet instrument plus modeste. En effet, c'est au xviiie siècle seulement que s'établit une véritable distinction avec le clavecin, - le virginal devenant synonyme de petite épinette en forme de boîte rectangulaire, dont le clavier se trouvait à gauche, au milieu, ou à droite d'un des grands côtés. L'instrument était donc aisément transportable et se posait couramment sur une table. Le virginal double fut un modèle dans lequel un second virginal plus petit s'emboîtait, tel un tiroir, sous la table du premier; il sonnait à l'octave de celui-ci; l'un et l'autre pouvaient être accouplés. La sonorité ténue, piquante, ne peut être que difficilement restituée par celle du clavecin : celle de l'épinette en donne davantage une idée.
Lexique de la Musique Vocale
Aperta
Terme italien pour ouverte
Appoggio
Terme italien signifiant appui, commodément employé internationalement pour éviter les connotations néfastes, car trop mécanistes, des termes nationaux équivalents.
En français, la traduction de soutien est généralement préférée. Selon les auteurs, elle recoupe plus ou moins parfaitement les significations du terme italien.
Au-delà de sa signification originelle, appoggio en est parfois venu à désigner, par exemple chez Miller, un idéal d'équilibre et de coordination entre la gestion du souffle et la résonance de la voix.
De manière générale, chaque pédagogue a son terme fétiche, qui désigne selon lui l'idéal à poursuivre. Pour l'un, c'est appoggio, pour l'autre connexion, soutien, résonance, chiaroscuro, registration ou définition vocalique
appui parasite
Intervention, dans l'acte vocal et plus particulièrement dans la gestion du souffle, d'une partie du corps qui ne devrait pas y participer.
La tension constante ou croissante de cette partie du corps se substitue généralement à une action musculaire légitime, qui n'est dès lors pas travaillée ni intégrée par le chanteur. Un tel appui empêche la coordination musculaire optimale du chanteur, et est donc contre-productif.
Articulateur
Élément mobile du conduit vocal permettant l'articulation des consonnes et la formation des voyelles : langue, lèvres, mâchoire, voile du palais...
Attaque
Début de la phonation, et manière de la déclencher.
Ce terme n'implique aucune violence. À cause de cette connotation néfaste, Miller lui préfère onset, qui a été traduit par début du son.
(Voir l'article Attaque glottique ou soufflée.)
beExpression italienne signifiant beau chant.
Au fil des siècles, ce terme a toujours désigné l'idéal du moment puis, de plus en plus souvent, un idéal soi-disant perdu ou prétendûment retrouvé.
Dans un sens plus restrictif, qui est celui dans lequel il est employé ici, il désigne la technique vocale adaptée aux oeuvres italiennes du début du 19e siècle, essentiellement Bellini et Donizetti.
On oppose généralement le style belcantiste au style vériste, non que ce soient les deux seuls styles possibles, mais parce que le second a souvent corrompu le premierl canto
Chiaroscuro
Terme italien signifiant clair-obscur. La traduction française pouvant avoir des connotations de flou ou de demi-teintes, on emploiera de préférence le terme italien.
Vocalement, ce terme ne désigne pas un entre-deux, mais un "deux à la fois" : une voix pleine, présentant un bon équilibre entre le fondamental et les harmoniques.
· Dans la perspective de l'appoggio, une telle voix allie idéalement les qualités opposées et complémentaires d'une bonne connexion et d'une bonne résonance.
Dans la perspective de la registration, une telle voix allie idéalement les qualités opposées et complémentaires de la poitrine et de la tête, autrement dit du mécanisme lourd et du mécanisme léger.
Chiusa Terme italien pour fermée
clair

Cet adjectif peut désigner une voix :
· ouverte, mais dans un sens laudatif,
· à la diction compréhensible,
· légère, de timbre agréable mais de faible portée,
· exempte de tout "bruit", que ce bruit soit produit :
o dans l'aigu, par le formant du chanteur,
o dans le médium, par une certaine dose de nasalité,
o dans le grave, par un sombrage se rapprochant de la friture vocale.
Le timbre d'un chanteur peut être naturellement clair ou sombre, en fonction de ses résonateurs.
clôture vélopharyngée
Fermeture du port vélopharyngé, suspendant la communication entre le naso-pharynx et les fosses nasales.
(Contrairement aux idées reçues, elle ne s'effectue pas seulement par le soulèvement du voile du palais, mais aussi par le rapprochement des parois pharyngées, lequel n'est justement pas possible lorsque le voile du palais est soulevé à l'extrême.)
conduit vocal
Espace situé entre les cordes vocales et les lèvres, délimité par les parois du pharynx et de la bouche.
Le conduit vocal est constitué de plusieurs sections successives, dont chacune forme une cavité qui communique avec ses voisines
Connexion

· Dans la perspective de l'appoggio, une voix connectée est une voix soutenue.
· Dans la perspective de la registration, une voix connectée a des "résonances de poitrine", est "ouverte en poitrine".
On parlera généralement de connexion basse, signifiant que le torse est "ouvert" jusqu'au bassin, que le souffle y est "accueilli" tout aussi bas et que l'on chante en position d'inspiration.
Cette connexion basse peut parfois se traduire par une sensation localisée au niveau du pubis ou des reins, voire, chez la femme, d'organes internes situés entre les deux ou, chez les deux sexes, au niveau de l'anus.
Couverture
Modification de la production vocale permettant de réordonner les partiels dans le sens d'un assombrissement et d'une concentration de l'émission.
Au-dessus du second passage, la voix doit être couverte, et non pas ouverte
définition vocalique
Caractérisation acoustique d'une voyelle, grâce aux formants qui permettent de la distinguer de toute autre voyelle
devant
Localisation des sensations vibratoires internes entre le palais dur et le profil extérieur de la face.
Engorge
Retenu dans la gorge.
Une voix engorgée semble être produite et résonner excessivement dans la gorge. Son premier formant domine. Le formant du chanteur est généralement absent. L'arrière de la langue obstrue souvent le conduit vocal et appuie parfois sur le larynx.
Fach
Type, emploi vocal.
Plus spécifiquement, système allemand de classification des voix, en usage dans les théâtres allemands.
Un ouvrage de référence, le Kloiber, fait correspondre rôles et Fächer.
Falsetto
Terme italien pour fausset
fausset
Appellation courante du mécanisme léger pour les voix masculines, et plus rarement pour les voix féminines (par exemple chez Vennard
Fermé Peut se dire d'une voyelle, d'un son ou d'une voix :
· Les voyelles fermées françaises sont [e], , [o], [ö], et [y].
Pour former une voyelle fermée, la cavité buccale est davantage fermée que pour former une voyelle ouverte.
En chantant, on s'efforcera de conserver la même ouverture bucco-pharyngée. On pourra jouer sur les paramètres suivants :
o l'ouverture de la mâchoire (accentuée pour une voyelle ouverte),
o l'avancée et le rapprochement des lèvres (accentués pour une voyelle fermée).
· Un son fermé est un son :
o de forte impédance, généralement émis avec une bouche plus ouverte derrière (au niveau du bucco-pharynx) que devant (au niveau des lèvres),
o dont le fondamental est très présent par rapport aux premiers harmoniques.
· En pédagogie vocale, l'expression voix fermée est traduite de l'italien voce chiusa.
Elle est employée laudativement, et s'oppose à voix ouverte (voce aperta).
À l'extrême, une voix fermée devient une voix tubée.

fondamental
Composante la plus grave d'un son
formant

Regroupement et renforcement de certains partiels d'un son à l'intérieur d'une zone formantique.
Chaque section du conduit vocal est susceptible de produire un formant, pour peu qu'un partiel du son laryngé corresponde à la fréquence propre de cette section, qui se comporte comme un résonateur.
formant du chanteur
Formant survenant autour de 3000 Hz, qui est en fait la réunion de plusieurs formants(les 3ème, 4ème et 5ème).
Il permet au chanteur de passer l'orchestre, dont les harmoniques n'atteignent pas la même puissance à cette hauteur
formant vocalique
Les formants vocaliques peuvent évoluer à l'intérieur d'une zone formantique sans que la voyelle cesse d'être reconnaissable
Friture
Ne pas confondre
friture, employé parfois pour ring
friture vocale

friture vocale
Mode d'émission très détendu de l'extrême grave de la voix, qui fait ressentir et entendre distinctement chaque phase d'accolement des cordes vocales, en une sorte de râle ou de crépitement de friture (d'où son nom).
La friture vocale présente un intérêt exclusivement pédagogique
harmonique
Partiel dont la fréquence est un multiple exact du fondamental.
On parle couramment d'harmoniques graves. Il faut être bien conscient du fait qu'il s'agit là d'une approximation, pour harmoniques les plus graves, sachant qu'aucun harmonique n'a une fréquence inférieure au fondamental
Impedance
Désigne chez certains auteurs la résistance offerte à l'émission par le conduit vocal.
Une voix ouverte aura une plus faible impédance qu'une voix fermée.
Une voix sombrée aura une impédance excessive.
impédance ramenée
Le legato
Influence en retour des résonateurs sur l'émission laryngée
Terme italien signifiant lié.
Production vocale donnant à l'auditeur l'impression d'entendre des phrases continues, sans rupture.
Le legato est généralement obtenu par l'allongement des voyelles et le raccourcissement des consonnes.
Il est également important que les consonnes ne soient pas articulées trop loin du lieu de résonance des voyelles précédente et suivante.
L'impression de legato peut être renforcée par la présence constante du formant du chanteur au-dessus des formants vocaliques.
Une phrase legato est généralement aussi soutenue.
Peut se noter musicalement par une liaison au-dessus des notes devant être liées.
Legato s'oppose à staccato.
mandibule
Maxillaire (os de la mâchoire) inférieur.
Le terme "maxillaire" est souvent employé pour désigner le maxillaire inférieur, alors qu'à l'origine il ne désignait que le maxillaire supérieur. Le terme "mandibule" existant et ne désignant, chez l'homme, que le maxillaire inférieur, autant l'employer.
masque
Zone où certains professeurs et chanteurs cherchent à ressentir des sensations vibratoires.
Cette zone affecte parfois la forme d'un loup, parfois celle d'un masque couvrant tout le profil extérieur de la face, entre l'arcade sourcillère et la mâchoire supérieure
mécanisme léger
Mode de production laryngée dominé par l'activité du muscle crico-thyroïdien.
Les cordes vocales ont des bords minces en contact. Elles sont fortement tendues longitudinalement mais faiblement pressées l'une contre l'autre
mécanisme lourd
Mode de production laryngée dominé par l'activité des muscles thyro-aryténoïdiens (dont le muscle thyro-aryténoïdien interne constitue le muscle vocal ou vocalis).
Les cordes vocales ont des bords épais en contact. Elles sont modérément tendues
longitudinalement mais peuvent être fortement pressées l'une contre l'autre
messa di voce

Exercice ou ornement vocal, consistant à attaquer une note pianissimo, à l'enfler jusqu'à une nuance très supérieure, et à revenir à la nuance de départ.
Le messa di voce est d'autant plus difficile et gratifiant qu'il est exécuté plus lentement.
Il peut être démarré en fausset si le chanteur est capable de relier sans rupture audible son fausset à sa voix mixte. Le retour final en fausset est encore plus difficile.
Mezza voce
Chant soutenu dans une nuance piano.
Le mezza voce se caractérise par l'absence d'allègement du soutien malgré l'utilisation d'une proportion plus importante de mécanisme léger.
mixture de poitrine
Quand voix de poitrine désigne la voix de poitrine brute, mixture de poitrine désigne la voix de poitrine.
L'usage de cette expression de préférence à voix de poitrine vise à souligner la nécessité de conserver une part de mécanisme léger dans le registre de poitrine.
(Les utilisateurs de cette expression recommandent généralement de conserver la proportion la plus grande possible de mécanisme léger le plus bas possible.)
Personnellement, je préfère utiliser voix de poitrine et voix de poitrine brute.
Mordant
Agressivité de la voix généralement liée à la présence du formant du chanteur, combinée avec une articulation rapide et précise des consonnes
Participation des fosses nasales à la résonance de la voix.
Il ne peut y avoir de résonance des fosses nasales qu'en l'absence de clôture vélopharyngée Nasalité
nasalité antérieure
Péjorativement, nasillement.
Positivement, bonne nasalité.
Impression de résonance de la partie antérieure des fosses nasales, et particulièrement du nez, dont on sent vibrer l'arête.
Nasalité de la diphtongue.
nasalité postérieure
· Péjorativement, nasonnement.
· Jamais utilisé positivement.
Impression de résonance de la partie postérieure des fosses nasales, avec une forte perception de l'ouverture du port vélopharyngé.
Nasalité de la diphthong.
Note de passage
Note sur laquelle s'effectue le passage d'un registre à un autre.
(Il peut s'agir d'une note unique, ou de l'une des notes d'une zone de passage.)
Noyau
Centre, coeur de la voix.
Peut s'appliquer à n'importe quelle note, pour signifier que son spectre harmonique est riche et équilibré, que le fondamental et les harmoniques y sont présents dans un rapport qui rend la voix plaisante et acoustiquement efficace.
On dira que le noyau est présent ou absent. La voix sera alors ou non pleine, centrée, résonante, bien placée.
Oscillation
Vibrato trop lent - qui est souvent aussi trop large.
(On dit alors que la voix bouge.)
Ouvert
Peut se dire d'une voyelle, d'un son ou d'une voix :
· Les voyelles ouvertes sont [a], , , [Y].
Pour former une voyelle ouverte, la cavité buccale est davantage ouverte que pour former une voyelle fermée.
En chantant, on s'efforcera de conserver la même ouverture bucco-pharyngée. On pourra jouer sur les paramètres suivants :
L'ouverture de la mâchoire (accentuée pour une voyelle ouverte),
L'avancée et le rapprochement des lèvres (accentués pour une voyelle fermée).
Un son ouvert est un son :
de faible impédance, généralement émis avec une bouche plus ouverte devant (au niveau des lèvres) que derrière (au niveau du bucco-pharynx),
dont le fondamental est peu présente par rapport aux premiers harmoniques.
Au-dessus du second passage, un son ouvert est un son qui n'est pas couvert.
(Certains auteurs emploient plutôt découvert.)
En pédagogie vocale, l'expression voix ouverte est traduite de l'italien voce aperta.
Elle est employée péjorativement, et s'oppose à voix fermée (voce chiusa).
À l'extrême, une voix ouverte devient une voix blanche.
Partiel
Composante d'un son, de fréquence supérieure au fondamental.
Un partiel peut être harmonique ou inharmonique
Passage
Fait de passer d'un registre vocal à un autre.
Note ou suite de notes sur laquelle s'effectue ce passage.
Un passage peut survenir de manière brusque sur une note (dite alors note de passage), ou être préparé un peu à l'avance, auquel cas il s'effectue à travers une zone de passage.
Spécifiquement, le passage désigne le second passage.
Passage inférieur
Autre appellation du premier passage pour les voix féminines
Passage en poitrine
Autre appellation du premier passage pour les voix féminines
Passaggio
Terme italien pour passage
petit passage
· Autre appellation du premier passage pour les voix masculines.
Passage divisant le registre mixte de certaines voix féminines
placement
Conformation des résonateurs de manière à établir l'accord phono-résonantiel, c'est-à-dire à amplifier le son laryngé de manière optimale par rapport au résultat recherché
point Mauran
Point à travers lequel certains professeurs et chanteurs, à la suite de M. Mauran, voudraient "faire passer" toute la voix.
Ce point est situé à l'intérieur de la bouche sur le rebord alvéolaire, et donc à l'extérieur de la bouche entre la lèvre supérieure et le bas du nez.
poitrine
Appellation courante du mécanisme lourd.
Voix de poitrine
poitrine brute
Appellation possible du mécanisme lourd.
Voix de poitrine brute
Port de voix
Manière de porter la voix entre deux notes successives séparées par un intervalle ascendant ou descendant, sans interrompre l'émission vocale mais en en réduisant généralement l'intensité, à l'image du rétrécissement central d'un sablier, grâce à une modulation de la pression sous-glottique.
Le port de voix se note musicalement par une liaison entre la note de départ et la note d'arrivée (à ne pas confondre avec la liaison qui indique seulement que la syllabe de la première note se prolonge sur la deuxième).
port vélopharyngé
Lieu d'échanges entre le naso-pharynx et les fosses nasales, délémité par le voile du palais et la paroi du pharynx
position d'inspiration
Position adoptée pendant la phase inspiratoire du cycle respiratoire.
Selon Wyss et Miller, cette position doit être dans la mesure du possible conservée lors de l'attaque du son et pendant le chant
posture noble
Posture idéale du chanteur, couramment associée à une idée de noblesse.
Cette posture se caractérise par l'extension et l'alignement verticaux et horizontaux des différentes parties du corps, de manière à ce que celles-ci puissent librement jouer les unes par rapport aux autres, ainsi que, dans le cas du torse, accroître leurs volumes respectifs les unes indépendamment des autres.
Le sternum est maintenu en permanence dans une position relativement haute.
premier passage
Passage entre la voix de poitrine et la voix mixte.
(Le premier passage féminin est plutôt désigné par l'expression passage en poitrine, ou par l'expression passage inférieur.)
(Chez le chanteur masculin non-formé et dépourvu de coordination vocale naturelle, c'est la note sur laquelle on peut constater un ou plusieurs des phénomènes suivants : le timbre s'éclaircit, le débit d'air augmente et le larynx monte.)
Pression sous-glottique
Pression de l'air situé en-dessous de la glotte
Primo passaggio
Expression italienne pour premier passage
Registration
Choix, pour l'émission d'une note, du registre approprié à sa hauteur, à sa couleur vocalique, au style musical du morceau, à la manière dont la note est amenée et quittée, à l'intention du chanteur ainsi qu'à ses moyens et à sa forme vocale.
Registre
Suite de notes émises selon un même mode de production laryngée.
Ce mode de production peut consister en une combinaison de deux modes voisins, dont les proportions respectives évoluent au long du registre. C'est en particulier le cas du registre mixte, mais aussi, dans une moindre mesure, du registre de poitrine et du registre de tête.
Les registres sont, dans la pratique, séparés par des passages. Il est cependant possible d'étendre chaque registre au-delà ou en-deça des notes à partir desquelles le passage dans un autre registre est préférable : les registres se recouvrent partiellement
Registre mixte
Registre émis en voix mixte.
Ce registre effectue la transition entre le registre de poitrine et le registre de tête.
Il est donc compris entre le premier passage et le second passage.
registre de poitrine
Registre émis en voix de poitrine.
Ce registre est borné dans l'aigu par le premier passage
registre de tête
Registre émis en voix de tête.
Ce registre est borné dans le grave par le second passage
Résonance
Vibration, sous l'action d'une source vibratoire, de l'air contenu dans un espace.
On donne couramment le nom de résonance à l'ensemble des phénomènes supra-glottiques modifiant la voix humaine.
Les résonances qui contribuent au son tel qu'il est perçu par l'auditeur sont celles qui ont lieu dans les résonateurs de la voix.
La résonance amplifie certains partiels et en atténue d'autres.
Par extension, on parle aussi de résonance, improprement, pour désigner des vibrations osseuses, ou des vibrations de cavités non ouvertes sur l'extérieur : sinus, cage thoracique...
La résonance qui se produit dans ces cavités n'est pas perceptible par l'auditeur, mais a une grande importance pour l'auto-contrôle du chanteur.
Résonateur
Espace délimité où se produit une résonance.
Les résonateurs de la voix sont constitués par l'ensemble des cavités situées au-dessus du larynx qui communiquent entre elles et sont, directement ou indirectement, ouvertes sur l'extérieur :
Pharynx (couramment divisé en laryngo-pharynx, bucco-pharynx et naso-pharynx),
Cavité buccale,
Fosses nasales.
Chaque résonateur a sa fréquence de résonance propre, qui évolue en fonction de la forme donnée au résonateur.
Le couplage des différents résonateurs modifie leurs propriétés individuelles.
Les résonateurs ont également une influence en retour sur la source laryngée
Second passage
Passage entre la voix mixte et la voix de tête.
(Chez le chanteur masculin non-formé et dépourvu de coordination vocale naturelle,
C'est la note sur laquelle la voix passe en fausset.)
secondo passaggio
Expression italienne pour second passage
Sifflet
Mode marginal d'émission vocale, dans lequel le son est produit par le passage de l'air entre les cordes vocales, et non par la vibration de ces dernières.
Le sifflet n'est utilisable que dans l'extrême aigu.
Sirène
Son parcourant de manière continue toute l'étendue de l'intervalle (toutes les fréquences) séparant deux notes, à la manière de la sirène des casernes de pompiers.
(À la différence du port de voix, la sirène se chante sans réduire l'intensité sonore "en sablier" entre la note de départ et la note d'arrivée.)
Somber
Une voix sombre amplifie le premier formant vocalique par rapport au deuxième.
Le formant du chanteur peut être présent, mais la compréhension des paroles peut être problématique.
Le timbre d'un chanteur peut être naturellement sombre ou clair, en fonction de ses résonateurs.
Une voix sombrée est une voix rendue artificiellement sombre, généralement par l'abaissement du larynx
Sostenuto
Terme italien pour soutenu
Soutenu
Soutien
Terme désignant couramment l'ensemble des phénomènes sub-glottiques (au sens large) intervenant dans le chant et permettant un chant soutenu
Staccato
Terme italien signifiant détaché.
S'exécute vocalement en intercalant une minuscule phase inspiratoire "passive" entre chaque note, grâce à un secousse du diaphragme.
Se note musicalement par des notes piquées.
S'oppose à legato.
Sur le souffle
En permanence connecté au souffle, soutenu. S'oppose à lâché, déplacé
Transitoire
Un son transitoire intervient entre deux sons définis. Par exemple :
Entre une consonne et la voyelle qui la suit,
Entre deux notes séparées par un grand intervalle.
Le son transitoire est produit par les positions intermédiaires prises par le conduit vocal et les articulateurs lors du passage d'une conformation à une autre.
L'émission d'un son transitoire n'est généralement pas souhaitée, sauf dans le cas d'une sirène ou d'un port de voix.
La durée d'un son transitoire peut être volontairement minimisée.
Trémolo
Vibrato trop rapide - qui est souvent aussi trop serré
Tube
Un son tubé est émis quand le conduit vocal tend à adopter la forme d'un tube :
Sa longueur est accrue par :
La protubérance des lèvres,
L'abaissement du larynx.
Son diamètre est réduit par :
Une faible ouverture de la mâchoire,
Le creusement des joues,
La remontée de la langue.
Un son tubé se caractérise par la force de son fondamental par rapport à ses harmoniques.
Son impédance est très élevée
Vibrato
Variation périodique de hauteur et, dans une moindre mesure, d'intensité du son.
La fréquence du vibrato est celle de l'influx nerveux atteignant le mécanisme vocal.
Un vibrato normal a une fréquence de 6 à 7, voire de 5 à 8 Hz, et une amplitude d'environ un demi-ton.
Voce aperta
Expression italienne pour voix ouverte
Voce chiusa
Expression italienne pour voix fermée
Voce mista
Expression italienne pour voix mixte
Voix blanche
Voix manquant d'harmoniques graves.
Voix de faible impédance.
Voix généralement émise avec une registration trop légère et une ouverture de la bouche en largeur, la cavité buccale étant plus ouverte devant que derrière.
Voix mixte
Mode de production laryngée où s'équilibrent le mécanisme lourd et le mécanisme léger.
Registre émis ainsi.
La proportion de mécanisme léger augmente au long de ce registre, du grave vers l'aigu.
Dans la mesure où la voix de poitrine n'est pas une voix de poitrine brute, et où la voix de tête n'est pas un fausset, on peut considérer les registres de poitrine et de tête comme étant émis en voix mixte.
Cependant, pour plus de clarté, on limite généralement l'emploi du terme voix mixte au registre compris entre le premier passage et le second passage
voix de poitrine
Mode de production laryngée où prédomine le mécanisme lourd, que celui-ci soit seul présent ou non.
Registre émis ainsi.
voix de poitrine brute
Mode de production laryngée faisant uniquement intervenir le mécanisme lourd.
La voix de poitrine brute peut être émise quelques notes en-dessous du registre de poitrine.
Hormis cette utilité et quelques effets remarquables qu'elle permet de produire, elle n'a pas plus sa place dans le chant cultivé que le pur fausset masculin.
Voix de tête
Mode de production laryngée où prédomine le mécanisme léger sans que celui-ci soit seul présent.
Registre émis ainsi.
Wobble
Terme anglais pour oscillation
Plage de fréquences à l'intérieur de laquelle les partiels d'un son se regroupent
. Zona di passaggio
Expression italienne pour zone de passage.
Zone de passage
Suite de notes à travers laquelle s'effectue le passage progressif d'un registre à un autre.
Suite de notes parmi lesquelles une note de passage peut être choisie, en fonction de la voyelle, de l'intensité, du style, du contexte, ainsi que de la forme du chanteur!
(Un passage ne peut, sans dommages pour le larynx du chanteur et les oreilles des auditeurs, être reculé de plus d'un demi-ton. Selon les circonstances, il peut être avancé d'une tierce.)




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# Posté le dimanche 22 juin 2008 06:09

Le Melhoun


L'origine du Melhoun remonte au XIIè siécle, à l'époque des Almohades, pendant laquelle se développe une forme littéraire ne respectant pas la structure grammaticale classique, le zajal.
La Qassida, ou poème écrit en zajal, est enrichie de mélodies populaires qui vont donné naissance au Melhoun.
Aux XVIème et XVIIème siècles sous les Saadiens, le Melhoun s'enrichit de formes nouvelles: Mubayyat, Maksur L'Jnah, Muchattab et Sousi.


La création à cette époque des effets de style appelés Suruf vont considérablement renouveler le répertoire et attirer l'engouement du public pour cette forme musicale. Ainsi l'on retrouvera dans certaines compositions l'utilisation de vers construits sur un mot sans signification :DAN. Ces vers serviront de base de versification pour les poètes marocains populaires, comme par exemple: DAN DANI YA DANI DAN DAN YA DAN...
De même, à partir d'un autre mot dépourvu de signification, MALI, on trouvera le vers suivant: LALA YA MAWLATI LAL W-YA MALI MALI... D'autres mots, également insignifiants, remplissent une fonction purement rythmique ou versificatrice (rada, sayyidna, lala mawlati...), remédiant ainsi a l'insuffisance du texte dans la phrase musicale.

La musique arabo-andalouse


La musique " arabo-andalouse " désigne un ensemble de pièces musicales et poétiques originaires d'Andalousie (al-Andalûs). Cette région de la Péninsule Ibérique a favorisé l'essor de la civilisation arabe en la portant à son apogée, du Moyen Age à la chute de Grenade en 1492.
L'expression " musique arabo-andalouse " n'est pas très ancienne et relève plutôt d'un point de vue occidental.
En revanche, c'est sous le vocable de " musique andalouse " que l'héritage musical andalou a été véhiculé au cours du xxe siècle en Afrique du Nord et plus particulièrement en Algérie.
L'histoire de la musique d'al-Andalûs est encore difficile à retracer. La recherche musicale a toutefois connu deux évènements contemporains qui ont permis de renouveler la connaissance de cette musique.
La découvert des kharja-s (courtes stances poétiques en arabe dialectal, en roman ou en hébreu) en 1956 prouvent que la société d'al-Andalûs était multilinguale et que les rapports entre les différentes communautés étaient fréquents.
En outre, la découverte, il y a quelques années, du manuscrit d'al-Tifashi (XIIIè siècle) apporte un éclairage nouveau sur l'activité musicale d'al-Andalus.
Selon al-Tifashi, le développement de la musique en al-Andalus s'est effectué par étapes successives. Entre les IX et XIIIè siècle, elle passe du stade de musique archaïque à un art de plus en plus technique sous l'influence notamment de Ziryab, musicien du IXè siècle originaire de Bagdad. C'est lui qui a certainement apporté le sawt dans son répertoire. Ce poème monorime, accompagné d'instruments comme le luth, était connu avant son arrivée en al-Andalus mais il y a apporté l'idée de " suite ". Le XIIè siècle voit naître un nouveau style de chant métissé entre l'arabe dialectal, le roman et l'hébreu d'origine, sous l'influence du poète philosophe Ibn Bajja.

Les styles de musique
Le muwashshah :
Inventé en al-Andalus à la fin du Xè siècle, il est décrit comme un chant en arabe classique structuré par des strophes et un refrain.
Zajal et kharja :
Le zajal est un poème chanté en langue dialectale et composé de trois volets :matla (envoi), dawr (tour) et qufl (fermeture). De nos jours, il survit en Egypte et au Liban dans un répertoire populaire.
La kharja est un court poème qui suit le muwashshah et qui, en al-Andalus, était chanté en roman ou en hébreu. Au moment de l'exode vers l'Afrique du Nord, elle s'est détachée du muwashshah.
La nouba :
De nos jours, la nouba est une suite chantée et instrumentée de différents poèmes (muwashshah, zajal, shughl, barwal) entrecoupés de pièces musicales instrumentales, libres ou mesurées.
L'ensemble est précédé d'une ou de deux introductions instrumentales. La nouba est chantée à l'unisson par les instrumentistes en hétérophonie, c'est-à-dire par enchevêtrement des voix, mais elle peut aussi être confiée à une voix soliste.
Les noubas marocaines se distinguent des algériennes, comme celles-ci de leurs consoeurs tunisiennes par l'expression et le style. Certaines sont priséeset constamment rejouées, ou mieux encore certains mouvements sont préférés à d'autres. La nouba est considérée comme un domaine définitivement clos de la création musicale. D'où l'intérêt que l'on porte, en Afrique du Nord, à la recherche de compositions anciennes.

Les instruments de la nouba : la structure de base des instruments de la musique arabo-andalouse rassemblait sans doute le luth, la vièle en forme de barque et des percussions à membrane.
Au XIIIè siècle, un instrument à vent, le buq, remporte la faveur du public d'al-Andalus. C'est l'instrument le plus parfait et il convient surtout à la danse.
Le luth est l'instrument par excellence de la musique savante en al-Andalus. De nos jours, il appartient aussi au répertoire populaire marocain à travers le malhun, dérivé de la musique andalouse.
La vièle ou rebab apparaît à plusieurs reprises dans la littérature musicale sous un aspect qui fait penser à une sorte de luth miniaturisé. Une légende du XIXé siècle à Oran attribue l'invention de cet instrument à un prisonnier d'al-Andalus qui pour égayer ses longues journées monotones imagina de creuser une bûche, d'extirper les entrailles d'animaux égorgés et d'en tirer des cordes. Le résultat était tellement stupéfiant que le roi ordonna sur-le-champ de sortir le prisonnier de sa geôle et le combla de présents.
Bien que jumelé incontestablement avec le luth, le rebab ne saurait intervenir hors du contexte de l'art arabo-andalou. A contrario, le luth a gardé la liberté d'interpréter toutes sortes d'autres répertoires.
Duff et tar sont deux appellations pour le tambour sur cadre de la musique arabo-andalouse. Le tar se distingue toutefois du duff par son aspect circulaire et la présence de petites cymbalettes fixées sur des fentes du châssis.
Les violons et altos n'apparaissent dans l'orchestre arabo-andalou qu'au XIXè siècle, en remplacement du rabab et à ce titre, posés verticalement sur le genou gauche de l'interprète.
Nous avons découvert qu'ils existent des correspondances entre au moins une gamme Orientale et au moins une gamme Occidentale. Ceci ouvre naturellement la porte au jeu de la musique Arabe et Orientale sur des instruments Occidentaux. Alors ils ne vous reste plus qu'à trouver sur le Web ou ailleurs, une beau poème Arabe, et à essayer de le chanter ou de le jouer en vous aidant de ce que vous avez appris au fil de ces pages.
Les partitions de musique Arabe
Vous savez peut-être que l'Arabe s'écrit et se lie de droite à gauche. Pour cette raison, certaines partitions de musique Arabe sont écrites également de droite à gauche. Mais ceci est surtout le cas pour d'anciennes partitions, et les partitions modernes s'écrivent de gauche à droite, reprenant ainsi l'habitude d'écriture en vigueur en Occident.
Les instruments de la musique Arabe
La musique Arabe étant monophonique, les instruments de musique Arabes sont en conséquence des instruments à tessiture monophonique. Quelques exemples venant spontanément à l'esprit sont le violon, la flûte, le monocorde (ou même un bicorde, ou un tricorde), la percussion, et bien entendue, la voix humaine. Mais des instruments pouvant sembler polyphoniques, n'empêche pas de jouer une musique monophonique. En trouve par exemple le Oud, le Luth, qui ont beaucoup de cordes, mais se joue de manière monophonique. La multiplicité des cordes a alors une fonction ergonomique, permettant de passer plus rapidement d'une note à l'autre et de couvrir de plus large gamme d'octave qu'avec des instruments disposant de moins de cordes. Il existe bien entendu un grand nombre d'instruments traditionnels. Mais quel serait l'intérêt de tous les énumérer ? Tous instruments ayant les caractéristiques précitées, pourra être employé pour jouer de la musique Arabe, qu'il soit traditionnel ou non.
Jouer de la musique Arabe ou Orientale sur un instrument Occidental
Nous avons vu qu'il existe des correspondances entre la gamme Rast et la gamme de do majeur. Ceci fait qu'il est possible, dans une certaine mesure, de jouer de la musique Arabe sur des instruments de musique Occidentaux. On sera plus restreint, mais cela restera possible, comme en témoigne la musique pop Arabe qui se joue par exemple sur des guitares électriques tout à fait identiques à celles que l'on connaît en Occident. Notez que la tessiture d'un instrument ne restreint jamais les rythmes que l'on peut y jouer (dans certaines limites), et que l'on pourra avec quasiment n'importe quel instrument, reproduire les rythmes de la musique Arabe. Et le rythme y est pour beaucoup dans la couleur particulière de la musique Arabe et Orientale.
Des instruments comme le violon, car sans frètes, permettent de jouer autant la musique Orientale, Arabe et Occidentale, sans aucunes altérations.
Simuler les quarts de ton avec les battements
Il est en théorie possible de simuler les quarts de ton inexistants dans l'échelle des gammes tempérées. On pourra pour cela exploiter le phénomène des battements. Le battement est un phénomène acoustique qui se produit lorsque deux notes sont jouées simultanément. Il en résulte une interférence qui produit une oscillation à une fréquence qui est la valeur absolue de la différence des deux fréquences fondamentales. Pour être exact, le phénomène se produit bien sûre aussi avec les harmoniques, et même avec toutes les combinaisons imaginables des fréquences en présence.
Notez bien que la puissance du battement est plus faible que la puissance individuelle des deux fréquences produisant le battement, et que jamais on ne perçoit le battement seul. Il faudra donc toujours composer avec trois fréquences. Enfin, comme la fréquence de battement est une différence entre deux fréquences, et qu'elle est donc une fonction linéaire, et que d'autre part, l'échelle musicale d'un instrument occidental est logarithmique, il n'est pas aisé de transposé une fréquence de battement, si encore on arrive à produire celle souhaité. Ceci est donc tout à fait théorique, et ne prétend pas être une recette aisée à mettre en pratique.

# Posté le dimanche 22 juin 2008 06:17

Hizia

Hizia

une histoire d'amour nomadeHizia, le nom d'une jeune femme issue de la famille dominante des Bouakkaz de la puissante tribu des Dhouaouda (descendants, selon certains dires, des tribus des Beni Hilal qui avaient envahi le Maghreb vers le XIe siècle ap. J. C. venant d'Arabie) qui régnait en ce 19eme siècle sur toute la région du Zab et dont les terres de parcours et de transhumance s'étendaient des riches plaines de Sétif au Nord jusqu'à l'oasis de Ouled Djellal au Sud, et bien plus loin encore si l'on jugeait par l'influence de son Cheikh el Arab (titre donné à son chef qui signifie littéralement : Chef des Arabes) à l'époque.
Hizia, fille d'Ahmed ben el Bey, était amoureuse de son cousin Saïyed, orphelin recueilli dès sa tendre enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de Hizia.
Benguitoun, dans son poème, fixe la date de la mort de Hizia à 1295 de l'Hégire, soit 1878 de l'ère chrétienne. Elle avait alors 23 ans, nous dit-il. Hizia serait donc née en 1855.
La cause de son décès fut et reste encore une énigme. Le poème ne nous révèle rien sinon qu'elle fut subite : un mal soudain entre deux haltes, à Oued Tell (une localité à 50km au sud de Sidi Khaled) au retour de la tribu de son séjour saisonnier dans le Nord.
La vérité, bien sûr, on ne la saura jamais !
Saiyed eut recours, trois jours après la mort de Hizia, aux services du poète Benguitoun pour écrire un poème à la mémoire de sa bien-aimée. Plus tard, d'après certains dires, le malheureux cousin s'exilera loin de sa tribu et vivra en solitaire dans l'immensité du désert des Ziban jusqu'à sa mort.
Quoiqu'il en soit, le poème est là pour témoigner de cet amour fou qu'avait porté un jeune homme pour une jeune femme qui valait, à ses yeux, tout ce qu'il y avait de précieux en ce monde et que le poète a chanté avec les paroles du bédouin, langue pure du vécu, langue vivante de tous les jours.
A travers les yeux de Saïyed, le poète Benguitoun a chanté la beauté de cette femme et décrit les merveilles de son corps, osant lever le voile sur des jardins secrets et nous offrir, à travers les âges, un hymne à l'Amour, un hymne à la Beauté, un hymne à la Femme.
Voilà ce qui, en dernier lieu, pourrait rester de Hizia jusqu'à l'éternité, tant qu'il y aura des poètes pour chanter ce nomadisme existentiel propre au commun des mortels« Amis, consolez-moi; je viens de perdre la reine des belles.
Elle repose sous terre.
Un feu ardent brûle en moi !
Ma souffrance est extrême.
Mon coeur s'en est allé, avec la svelte Hiziya.
Hélas ! Plus jamais je ne jouirai de sa compagnie.
Finis les doux moments,
Où, comme au printemps, les fleurs des prairies, nous étions heureux.
Que la vie avait pour nous de douceurs !
Telle une ombre, la jeune gazelle a disparu, en dépit de moi !
Lorsqu'elle marchait, droit devant elle,
Ma bien-aimée était admirée par tous.
Telle le bey du camp qui s'avance, un cimeterre à la ceinture.
Entouré de soldats et suivi de cavaliers
Venus à sa rencontre, lui remettre chacun un présent;
Armé d'un sabre d'Inde,
Il lui suffit de faire un geste de la main,
Pour briser une barre de fer, ou fendre un roc.
Il a tué un grand nombre d'hommes, ennemis du bien.
Orgueilleux et superbe, il s'avance fièrement.
C'est assez glorifier le bey !
Dis-nous, chanteur, dans une nouvelle chanson
Les louanges de la fille d'Ahmad ben al-Bey. Amis, consolez-moi
Je viens de perdre la reine des belles.
Elle repose sous terre.
Un feu ardent brûle en moi !
Ma souffrance est extrême.
Mon coeur s'en est allé, avec la svelte Hiziya.
Lorsqu'elle laisse flotter sa chevelure,
Un suave parfum s'en dégage.
Ses sourcils forment deux arcs bien dessinés,
Telle la lettre noun, tracée dans un message.
Ton oeil ravit les coeurs, telle une balle de fusil européen,
Qui aux mains des guerriers,
Atteint sûrement le but.Ta joue est la rose épanouie du matin,
Et le brillant oeillet;
Le sang qui l'arrose lui donne l'éclat du soleil.
Tes dents ont la blancheur de l'ivoire,
Et, dans ta bouche étincelante,
La salive a la douceur du lait des brebis
Ou du miel qu'apprécient tant les gourmets.
Admire ce cou plus blanc que le coeur du palmier.
C'est un étui de cristal, entouré de colliers d'or.
Ta poitrine est de marbre;
Il s'y trouve deux jumeaux, que mes mains ont caressés,
Semblables aux belles pommes qu'on offre aux malades.
Ton corps a la blancheur et le poli du papier,
Du coton ou de la fine toile de lin,
Ou encore de la neige, tombant par une nuit obscure.
Hiziya a la taille fine; sa ceinture, penche de côté,
Et ses tortis entremêlés, retombent sur son flanc repli par repli.
Contemple ses chevilles; chacune est jalouse de la beauté de l'autre;
lorsqu'elles se querellent
Elles font entendre le cliquetis de leurs khelkhals,
Surmontant les brodequins Quand nous campions à Bazer,
Je me rendais auprès d'elle le matin;
Alors nous goûtions les joies de ce monde.
Je saluais la gazelle; j'observais les présages;
Heureux comme un homme fortuné,
Possédant les trésors de l'univers.
La richesse n'avait pour moi aucune valeur,
Comparée au tintement des khelkhals de Hiziya,
Quand je franchissais les collines pour aller la rencontrer.
Lorsqu'au milieu des prairies, elle balançait son corps avec grâce,
Et faisait résonner son khelkhal,Ma raison s'égarait;
Un trouble profond envahissait mon coeur et mes sens.


# Posté le dimanche 22 juin 2008 07:19